Le gouvernement gambien amorce un tournant majeur dans son système éducatif. Le ministère de l’Éducation de base et secondaire a annoncé l’introduction de sept langues nationales dans l’enseignement dès le cycle maternel, mettant fin à la domination exclusive de l’anglais dans les salles de classe.
Cette réforme, inscrite dans le programme éducatif 2025-2030, vise à lever les barrières linguistiques qui freinent la réussite scolaire, tout en favorisant une meilleure inclusion culturelle. Elle s’appuie notamment sur les recommandations de l’UNESCO, qui promeut l’enseignement en langue maternelle comme levier d’amélioration des performances académiques.
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Concrètement, les élèves gambiens seront désormais initiés à l’apprentissage en Jola, Mandinka, Manjak, Pulaar, Sérère, Soninké et Wolof. Une évolution pédagogique qui dépasse la simple reconnaissance identitaire pour viser des objectifs précis : renforcer les bases en lecture, écriture et calcul dès les premières années de scolarisation.
Jusqu’ici, l’anglais constituait l’unique langue d’enseignement, de la maternelle à l’université. Pour ce pays d’environ 2,7 millions d’habitants, cette réforme représente donc un changement structurel majeur.
Les autorités éducatives s’appuient sur des données probantes pour justifier cette orientation. Selon l’UNESCO, l’enseignement en langue maternelle en Afrique augmente de près de 30 % les capacités de compréhension écrite à la fin du primaire. L’objectif affiché est ainsi de réduire significativement le décrochage scolaire en offrant aux enfants un environnement d’apprentissage plus accessible et familier.
La réforme intègre également une dimension inclusive, avec l’introduction de la langue des signes pour mieux répondre aux besoins des élèves sourds et malentendants.
En adoptant ce modèle multilingue, la Gambie rejoint le groupe des pays africains engagés dans cette dynamique, à l’image du Sénégal, du Burkina Faso ou encore du Mozambique.
Des résultats encourageants sont déjà observés ailleurs sur le continent. Au Mozambique, par exemple, l’introduction de l’enseignement bilingue a permis une hausse de 15 % du taux de réussite scolaire, selon des données relayées par le média TRT Afrika.
Pour les autorités gambiennes, cette réforme marque l’avènement d’un système éducatif plus équitable, où la langue devient un outil d’apprentissage plutôt qu’un obstacle, ouvrant ainsi la voie à une meilleure réussite pour tous les élèves.
