Les États-Unis ont décidé de mettre fin aux préférences commerciales accordées au Rwanda et à l’Afrique du Sud dans le cadre de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA). Cette décision de l’administration du président Donald Trump fait suite à un examen de l’éligibilité des pays bénéficiaires, au terme duquel Washington a estimé que les pratiques des deux gouvernements ne répondaient plus aux critères du programme.
Dans une déclaration, l’ambassadeur américain au Commerce, Jamieson Greer, a indiqué que l’administration Trump reproche notamment au Rwanda des obstacles au commerce et aux investissements, des préoccupations liées à l’État de droit, au pluralisme politique, aux droits des travailleurs et aux droits humains, ainsi que des pratiques considérées comme contraires aux intérêts de sécurité nationale et de politique étrangère des États-Unis.
« Ces pratiques préoccupantes et généralisées incluent, sans s’y limiter, des obstacles qui nuisent au commerce et aux investissements américains, ainsi que des agissements qui constituent une menace pour la sécurité nationale des États-Unis et leurs intérêts de politique étrangère dans la région », a déclaré Jamieson Greer.
Concernant l’Afrique du Sud, Washington évoque également des préoccupations liées aux obstacles au commerce et aux investissements américains, à la corruption ainsi qu’aux menaces présumées contre ses intérêts sécuritaires et diplomatiques.
Selon Jamieson Greer, le Bureau du représentant américain au commerce a conduit l’examen interministériel annuel de l’éligibilité des pays d’Afrique subsaharienne au programme AGOA. À l’issue de cette évaluation, le président Donald Trump a conclu que les gouvernements du Rwanda et de l’Afrique du Sud adoptaient des pratiques incompatibles avec les critères d’éligibilité.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions entre Washington et Kigali. Le 28 octobre 2026, les États-Unis ont annoncé des sanctions contre le ministère rwandais de la Défense et la Zigama Credit and Savings Society. Washington accuse ces deux entités d’apporter un soutien militaire et financier au mouvement armé M23 et à sa branche politique, l’Alliance Fleuve Congo (AFC).
Dans un communiqué publié à Washington, le département du Trésor américain a indiqué que ces sanctions visaient à tenir le Rwanda responsable de ses engagements dans le cadre des Accords de Washington pour la paix et la prospérité, signés le 4 décembre 2025 par les dirigeants de la République démocratique du Congo et du Rwanda.
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À travers le retrait de ces préférences commerciales, l’administration américaine ajoute ainsi un nouvel instrument de pression dans ses relations avec Kigali, tout en justifiant sa décision par le non-respect présumé des critères du programme AGOA.
