La situation des réfugiés congolais ayant fui les violences armées dans l’Est de la République démocratique du Congo vers le Burundi vire à la catastrophe humanitaire. Dix-sept réfugiés congolais sont décédés le jeudi 1ᵉʳ janvier 2026, victimes des conditions de vie jugées inhumaines et dégradantes dans les sites d’accueil, selon une alerte du Réseau Local de Protection des Civils (RLPC). Ce nouveau drame porte à 93 le nombre total de décès enregistrés entre le 25 décembre 2025 et le 1ᵉʳ janvier 2026, soit une moyenne alarmante de plus de dix morts par jour.
Dans son communiqué, le RLPC pointe du doigt le silence et la passivité du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) ainsi que d’autres partenaires humanitaires, face à une crise qui ne cesse de s’aggraver. Les victimes, majoritairement des personnes vulnérables, ont été inhumées dans des conditions indignes, sans organisation funéraire adéquate ni respect des coutumes et traditions des familles endeuillées.
Plus de 65.000 réfugiés congolais recensés au Burundi
Cette hécatombe intervient dans un contexte de forte affluence de réfugiés congolais au Burundi, fuyant les affrontements persistants entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les mouvements armés de l’AFC-M23 dans l’Est du pays. Selon la Commission de la Communauté Économique des États d’Afrique Centrale (CEEAC), au moins 65.000 réfugiés congolais ont été recensés sur le territoire burundais.
Parmi eux, 25.000 réfugiés se trouvent à Gatumba et 40.000 à Buganda, vivant pour la plupart dans une extrême précarité. La CEEAC précise que la majorité de ces déplacés sont des femmes et des enfants, exposés à de graves pénuries de nourriture, d’eau potable et de soins de santé.
Surpeuplement, pénurie d’eau et risques sanitaires majeurs
En visite dans les zones d’accueil, le président de la Commission de la CEEAC, Ezéchiel Nibigira, a dressé un constat préoccupant : manque criant d’abris, insuffisance d’installations sanitaires, absence de services de santé de base et faiblesse des moyens logistiques pour transférer les réfugiés vers des camps plus adaptés.
« La promiscuité et le surpeuplement exposent les populations à de graves risques de maladies contagieuses », a-t-il averti, mettant en garde contre les conséquences d’une réponse humanitaire insuffisante, tant pour les réfugiés que pour la stabilité sociale et sécuritaire des communautés hôtes burundaises.
Le spectre du choléra dans un pays déjà touché
Cette crise humanitaire se déroule dans un pays confronté à une épidémie persistante de choléra. Selon les autorités sanitaires burundaises, au moins 3.000 cas de choléra, dont 13 décès, ont été enregistrés depuis le début de l’année 2025 sur l’ensemble du territoire national.
Lors d’une table ronde nationale tenue le 9 décembre 2025 à Bujumbura, les experts ont alerté sur la recrudescence des cas, attribuée notamment au manque d’eau potable, à l’absence de latrines adéquates, à la mauvaise gestion des eaux usées et à l’insuffisance des financements. Autant de facteurs qui aggravent la vulnérabilité des réfugiés congolais, entassés dans des sites surpeuplés et insalubres.
Face à cette situation, la CEEAC a lancé un appel solennel aux États membres, à l’Union africaine et à l’ensemble de la communauté internationale pour une mobilisation immédiate, coordonnée et renforcée des ressources financières, matérielles et logistiques.
De son côté, le RLPC estime que le niveau actuel de mortalité constitue une violation grave des droits humains et des principes humanitaires internationaux, et appelle à une réponse rapide afin d’éviter une catastrophe humanitaire de plus grande ampleur.
Alors que les décès continuent de s’accumuler, la crise des réfugiés congolais au Burundi met une nouvelle fois en lumière les limites de la réponse humanitaire régionale, dans un contexte de conflits armés persistants et de vulnérabilités sanitaires croissantes.

