La capitale bissau-guinéenne a été le théâtre, le vendredi 12 décembre 2025, d’une mobilisation massive contre la junte militaire qui a pris le pouvoir il y a deux semaines. Les manifestants ont exprimé leur refus de la transition militaire et ont exigé la libération immédiate de l’opposant Domingos Simões Pereira, figure emblématique du PAIGC et arrêté lors du putsch du 26 novembre.
Selon des témoins, plusieurs milliers de personnes ont envahi les rues, érigé des barricades enflammées et brûlé des pneus, symbolisant la colère populaire. Cette mobilisation intervient quelques jours avant la réunion cruciale des chefs d’État de la CEDEAO, prévue ce dimanche 14 décembre, au cours de laquelle d’éventuelles sanctions contre la junte pourraient être décidées.
Le 26 novembre, des officiers supérieurs ont déposé le président Umaro Sissoco Embaló, à la veille de la publication des résultats électoraux attendus. Le général de division Horta Inta-a a été nommé président par intérim le lendemain. Dans un document de transition de 12 mois, publié récemment, le régime a tenté d’asseoir sa légitimité en excluant Inta-a et son Premier ministre des futures élections, une mesure destinée à apaiser les critiques.
Malgré ces concessions, la société civile et les partis politiques expriment un mécontentement profond, en particulier parmi les jeunes. « Nous sommes la jeunesse et nous sommes l’avenir de ce pays. Nous n’accepterons jamais que notre souveraineté soit remise en question », a déclaré un manifestant à TRT Afrika.
Ce putsch est le neuvième en Afrique de l’Ouest et centrale au cours des cinq dernières années, soulignant une propagation inquiétante de l’instabilité militaire dans la région. La Guinée-Bissau, habituée aux turbulences politiques depuis son indépendance, se retrouve une fois de plus confrontée à une crise majeure.
La décision de la CEDEAO, attendue ce dimanche à Abuja, sera déterminante pour l’avenir du pays. Elle devra arbitrer entre isolement économique et acceptation tacite du coup d’État, tout en tenant compte de l’exigence populaire de libération de Domingos Simões Pereira, condition essentielle pour amorcer une sortie diplomatique de crise.


Un commentaire
Pingback: Fizi : des habitants en panique après la prise d’Uvira par le M23 - La Prunelle RDC