Six soldats bangladais de la mission des Nations Unies ont été tués et huit autres blessés lors d’une attaque armée contre une base de l’ONU dans la région contestée d’Abyei, zone tampon entre le Soudan et le Soudan du Sud. L’attaque, survenue samedi, a été qualifiée d’« acte terroriste » par l’armée du Bangladesh, pays contributeur majeur aux opérations de maintien de la paix.
Dans un communiqué, l’armée bangladaise indique que ses troupes ont été prises pour cible alors qu’elles étaient déployées dans le cadre de la Force intérimaire des Nations unies pour Abyei (UNISFA). Les combats rapportés témoignent de la dégradation rapide de la situation sécuritaire dans cette région sous haute tension.
À Khartoum, la réaction des autorités a été immédiate. Le gouvernement soudanais a fermement condamné l’attaque et accusé directement les Forces de soutien rapide (FSR), milice paramilitaire en conflit ouvert avec l’armée régulière, d’en être responsables.
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Le Conseil de souveraineté, dirigé par le général Abdel Fattah al-Burhan, chef de l’armée soudanaise, a dénoncé une « dangereuse escalade ». Cette accusation frontale souligne la fragmentation profonde du paysage sécuritaire soudanais, où les rivalités internes exposent désormais les missions internationales à des risques accrus.
Riche en ressources pétrolières, Abyei demeure depuis des années un foyer de tensions entre le Soudan et le Soudan du Sud, les deux pays revendiquant des droits sur ce territoire stratégique. Ces différends non résolus ont favorisé des violences récurrentes et une instabilité chronique.
C’est dans ce contexte que l’UNISFA a été déployée en 2011 afin de prévenir une reprise du conflit entre Khartoum et Juba. Son mandat, récemment renouvelé par le Conseil de sécurité de l’ONU, visait à renforcer la sécurité dans la zone. L’attaque de ce week-end soulève toutefois de sérieuses interrogations sur la capacité de la mission à opérer efficacement et à assurer la protection de ses propres soldats.
La mission onusienne n’avait pas encore communiqué officiellement sur les circonstances exactes de l’attaque au moment de la publication. Mais pour de nombreux observateurs, ce drame marque un tournant inquiétant : la crise soudanaise dépasse désormais le cadre national et menace l’équilibre fragile de toute la région, faisant des Casques bleus des cibles directes dans un environnement de plus en plus incontrôlable.

