Le gouvernement somalien a formellement rejeté les accusations de détournement de vivres du Programme alimentaire mondial (PAM), à l’origine de la suspension immédiate de l’aide humanitaire américaine. Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères assure que les stocks alimentaires concernés restent « sous le contrôle exclusif du PAM ».
Cette réaction intervient 24 heures après une déclaration du Département d’État américain, accusant des autorités locales d’avoir endommagé un entrepôt à Mogadiscio et saisi 76 tonnes métriques de denrées alimentaires destinées aux populations vulnérables. Washington a invoqué une politique de « tolérance zéro » face au vol ou au détournement de l’aide internationale pour justifier le gel total de son assistance au gouvernement somalien.
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Pour Mogadiscio, ces accusations reposent sur une mauvaise interprétation de travaux d’infrastructure en cours dans l’enceinte portuaire de la capitale. Selon les autorités, l’entrepôt concerné fait l’objet de travaux d’extension et de réaménagement, sans impact sur la conservation, la gestion ou la distribution de l’aide humanitaire.
« Les travaux en cours n’affectent ni la sécurité ni la gestion des vivres », précise le communiqué officiel.
Afin de désamorcer la crise et rassurer les partenaires internationaux, le gouvernement somalien a annoncé la mise en place d’un comité technique interinstitutionnel, chargé d’examiner la situation sur le terrain en coordination avec les agences humanitaires.
L’enjeu est majeur pour la Somalie, où l’aide américaine demeure vitale pour des millions de personnes confrontées à l’insécurité alimentaire. La reprise de cette assistance dépendra des conclusions de l’enquête et des garanties de transparence que les autorités somaliennes seront en mesure de fournir. En attendant, ce bras de fer diplomatique fait planer une incertitude sur l’approvisionnement des zones les plus touchées par l’urgence humanitaire.

