À l’occasion du 114ᵉ anniversaire du Congrès national africain (ANC), le président sud-africain Cyril Ramaphosa a appelé à une mobilisation générale au sein de son parti, confronté à une érosion continue de sa base électorale. À un an des élections municipales de 2026, le chef de l’État a exhorté l’ANC à se recentrer sur la gestion des services publics locaux, condition qu’il juge indispensable pour préserver son influence politique.
Dans un discours télévisé prononcé ce samedi 10 janvier 2026 à Rustenburg, Cyril Ramaphosa est revenu longuement sur l’importance du scrutin municipal prévu avant novembre. Il a invité les cadres du parti à délaisser les grandes ambitions diplomatiques pour se concentrer sur les préoccupations quotidiennes des citoyens, notamment l’accès à l’eau potable, à l’électricité et l’état des infrastructures routières.
Si l’ANC continue de rayonner sur la scène internationale (à travers ses actions juridiques contre Israël ou son rôle moteur au sein du G20) il peine à convaincre à l’échelle locale. Les difficultés persistantes dans la gestion des municipalités ont entamé la confiance des électeurs. Le scrutin municipal de 2021 avait déjà marqué un tournant historique, avec un score tombé sous la barre des 50 %, prélude à la perte de la majorité absolue aux élections législatives de 2024.
« La mission prioritaire de notre mouvement en 2026 est de réhabiliter les collectivités locales », a martelé le président devant une foule de partisans. Pour Cyril Ramaphosa, la survie politique de l’ANC passe par une gestion pragmatique et efficace : réparer les routes, assurer le ramassage régulier des déchets et garantir un accès fiable à l’eau et à l’électricité.
Afin d’appuyer cette promesse de renouveau, le gouvernement a annoncé une enveloppe de 54 milliards de rands, soit environ 3,28 milliards de dollars. Ces fonds seront prioritairement consacrés aux infrastructures hydrauliques et énergétiques, des secteurs où les dysfonctionnements chroniques (canalisations défectueuses, réseaux d’assainissement saturés ou pannes électriques) alimentent un profond mécontentement social.
Au-delà des services publics, l’ANC fait face à un défi structurel majeur : le chômage de masse, particulièrement élevé chez les jeunes. Malgré une légère reprise économique et la fin progressive des délestages électriques, une partie importante de la jeunesse sud-africaine semble se détourner du projet politique porté par la « Nation Arc-en-ciel ».
Cyril Ramaphosa a reconnu cette fracture générationnelle, admettant que de nombreux jeunes doutent désormais de la capacité de la démocratie, et de l’ANC en particulier, à répondre à leurs besoins fondamentaux. À ses yeux, le défi des municipales de 2026 ne sera donc pas uniquement technique ou budgétaire, mais profondément politique : il s’agira de restaurer un lien de confiance rompu avec une génération qui ne juge plus le parti sur son héritage historique, mais sur son efficacité et ses résultats concrets au quotidien.
Joseph Aciza

