Alors que le conflit civil au Soudan entre dans sa troisième année, le Programme alimentaire mondial (PAM) tire la sonnette d’alarme : ses réserves de nourriture pourraient s’épuiser d’ici fin mars, mettant en danger plus de 21 millions de personnes déjà confrontées à une insécurité alimentaire sévère.
Dans un communiqué publié ce jeudi, Ross Smith, directeur des programmes d’urgence du PAM, a averti : « À la fin mars, nous aurons épuisé la nourriture dont nous disposons au Soudan ». L’organisation, qui constitue le dernier rempart contre la famine pour des millions de déplacés internes, a déjà réduit les portions distribuées afin de prolonger ses stocks.
Le message aux donateurs internationaux est sans ambiguïté : l’absence de financements supplémentaires condamnerait des millions de civils à la faim, alors que le pays fait face à la plus grave crise alimentaire au monde selon les experts.
Cette catastrophe résulte directement de près de trois ans de combats sanglants entre l’armée régulière et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF). Le bilan humain est lourd :
- 11 millions de déplacés internes ;
- 21 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire sévère, soit la moitié de la population du Soudan ;
- Des milliers de morts civils sous les feux croisés.
Les évaluations sur le terrain confirment désormais l’apparition de foyers de famine dans plusieurs zones stratégiques :
- El Fasher, capitale du Nord-Darfour, tombée aux mains des RSF en octobre dernier ;
- Kadugli, ville clé du Kordofan, également prise dans l’engrenage des combats.
Face à cette urgence, la communauté internationale est au pied du mur. Le compte à rebours est lancé : moins de six semaines restent pour mobiliser des financements et éviter une hécatombe humanitaire sans précédent.

