La Commission électorale nationale autonome (CENA) a proclamé dans la nuit du 17 au 18 janvier 2026 les résultats des élections législatives et locales du 11 janvier au Bénin. Le verdict est sans appel : le parti Les Démocrates (LD), principale formation d’opposition dirigée par l’ancien président Boni Yayi, est totalement évincé de l’Assemblée nationale.
Malgré un score national cumulé de 16,14 % des voix, Les Démocrates ne remporte aucun siège. Selon le code électoral béninois, l’attribution des mandats exige d’obtenir au moins 20 % des suffrages à l’échelle nationale et dans chacune des 24 circonscriptions. Faute d’avoir franchi ce seuil dans toutes les circonscriptions, le parti se voit privé de tout représentant au Parlement.
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Seuls les partis de la mouvance présidentielle ont réussi à remplir ces conditions. L’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) s’impose comme première force politique avec 41,15 % des voix et 60 sièges sur 109. Le Bloc Républicain, avec 36,64 % des suffrages, complète l’hémicycle en raflant les 49 sièges restants. Le taux de participation s’est élevé à 36,73 %, parmi les 7,8 millions d’électeurs inscrits.
L’exclusion de l’opposition ne se limite pas au Parlement. Le parti de Boni Yayi est désormais absent de tous les organes électifs nationaux. Ses candidatures pour les élections municipales ont été invalidées, et son dossier pour l’élection présidentielle du 12 avril 2026 a été rejeté pour parrainage incomplet, conséquence directe de son absence de représentativité parlementaire et locale.
Cette nouvelle législature s’annonce longue et stable. Une modification constitutionnelle adoptée le 15 novembre 2025 porte désormais la durée du mandat à sept ans, renforçant le contrôle de la mouvance présidentielle sur l’appareil législatif.

