Le rideau est tombé sur la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des Nations. Organisée par le Maroc, la CAN 2025 a tenu toutes ses promesses, entre ferveur populaire, football offensif, records statistiques et polémiques arbitrales persistantes. Plus qu’un simple tournoi, cette édition s’est imposée comme un tournant pour le football africain, sur le terrain comme dans les tribunes.
Un chiffre résume à lui seul cette CAN : 121 buts inscrits. Jamais la compétition n’avait atteint un tel total. Maroc 2025 dépasse ainsi la CAN 2023 en Côte d’Ivoire (119 buts) et devient l’édition la plus prolifique de l’histoire.
Ce record traduit une évolution nette du jeu africain. Fini le football de calcul et de prudence extrême. Des sélections comme le Maroc, le Sénégal, le Nigeria ou encore l’Égypte ont imposé un rythme élevé, une intensité constante et une volonté assumée de jouer vers l’avant dès les phases de groupes, portées par des attaquants de classe mondiale.
Finale et palmarès : le Sénégal au sommet
La finale, disputée à Rabat, a vu le Sénégal s’imposer face au Maroc (1-0) grâce à une réalisation de Pape Gueye. Les Lions de la Teranga décrochent ainsi leur deuxième titre continental, après leur sacre en 2021, confirmant leur statut de référence du football africain.
Les distinctions individuelles ont été réparties entre les grandes nations du tournoi :
- Sadio Mané (Sénégal) – Meilleur joueur
Avec 2 buts et 3 passes décisives, le capitaine sénégalais a surtout brillé par son leadership. À 33 ans, Mané a été l’âme de son équipe, guidant les siens dans les moments clés, notamment lors d’une finale sous haute tension.
- Brahim Diaz (Maroc) – Meilleur buteur (5 buts)
Malgré la déception de la défaite finale, le meneur de jeu du Real Madrid termine meilleur réalisateur du tournoi. Sa CAN restera toutefois marquée par une finale cruelle, notamment un penalty manqué à un moment décisif.
- Yassine Bounou (Maroc) – Meilleur gardien
Impérial tout au long de la compétition, « Bono » a multiplié les arrêts décisifs. Même sans le trophée collectif, il s’est imposé comme le dernier rempart le plus impressionnant de cette CAN.
- Ademola Lookman (Nigeria) – Meilleur passeur
Auteur de 4 passes décisives et 3 buts, le Ballon d’Or africain 2024 a été le moteur de l’attaque nigériane, confirmant son statut parmi les joueurs africains les plus influents du moment.
Arbitrage : l’ombre persistante au tableau
Malgré la qualité du spectacle, l’arbitrage demeure le principal point noir de cette CAN. L’utilisation de la VAR, omniprésente, n’a pas dissipé les controverses. Des décisions jugées litigieuses lors de rencontres clés, notamment Maroc–Cameroun et la finale Maroc–Sénégal, ont suscité de vives critiques.
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Penalties non sifflés, interprétations divergentes des images vidéo et manque d’uniformité dans les décisions ont alimenté la frustration de plusieurs sélectionneurs et observateurs, certains évoquant une « gestion chaotique » de l’arbitrage par la CAF. Un chantier prioritaire pour préserver la crédibilité du football africain à l’échelle mondiale.
Lumumba VEA : la statue vivante des tribunes
Au-delà du jeu, la CAN 2025 a aussi été marquée par une image forte venue des gradins. Le supporter congolais Michel Nkuka, surnommé Lumumba VEA, est devenu une icône continentale. Vêtu à l’effigie de Patrice Lumumba, il est resté immobile pendant de longues minutes, tel une statue, pour soutenir les Léopards de la RDC.
Son stoïcisme et sa ferveur ont symbolisé la résilience et l’identité d’un peuple, lui valant l’hommage officiel de la CAF et l’admiration des supporters africains et internationaux.
Infrastructures et audience : une répétition pour 2030
Le Maroc n’a pas seulement organisé une CAN, il a livré une répétition générale pour la Coupe du monde 2030. Des stades ultra-modernes à Tanger, Agadir et Casablanca, une logistique maîtrisée, une connectivité de pointe et un accueil salué par les délégations.
La compétition a été diffusée dans plus de 160 pays, avec des pics d’audience cumulés dépassant les 800 millions de téléspectateurs, rivalisant avec l’Euro en termes d’engagement numérique.
Une CAN de prestige et de célébrités
La CAN 2025 s’est aussi imposée comme un rendez-vous mondain. Dans les tribunes et les loges, des figures internationales telles qu’Akon, Francis Ngannou ou encore Omar Sy ont été aperçues. La présence des présidents de la FIFA, Gianni Infantino, et de la CAF, Patrice Motsepe, a renforcé le prestige de l’événement.
Supporters venus d’Afrique, d’Europe et d’Amérique ont partagé les gradins, offrant une vitrine éclatante de l’unité et de l’attractivité du football africain.
Une édition qui fera date
Le Sénégal repart avec le trophée, le Maroc avec les honneurs d’une organisation saluée unanimement. Malgré les critiques sur l’arbitrage, la CAN Maroc 2025 restera celle du spectacle total, de la maturité sportive et de l’ambition continentale.
Le rendez-vous est désormais pris pour 2027, avec une barre placée très haut.

