Treize ans après la catastrophe de Fukushima, le Japon a franchi une étape majeure dans sa politique énergétique. L’opérateur Tokyo Electric Power (Tepco) a annoncé ce mercredi le redémarrage du premier réacteur de la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande au monde en termes de capacité installée.
Dans un communiqué relayé par plusieurs médias, Tepco précise avoir engagé les préparatifs techniques pour une remise en service prévue après 19 heures locales (10h GMT). Située dans le département de Niigata, la centrale compte sept réacteurs, mais un seul est concerné à ce stade par cette reprise d’activité, la première depuis l’arrêt total du parc nucléaire japonais consécutif au séisme et au tsunami de mars 2011.
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La relance a été rendue possible après l’aval donné le mois dernier par le gouverneur de Niigata. Mais elle reste très controversée dans l’opinion publique, où les traumatismes liés à Fukushima demeurent vifs.
Selon un sondage départemental réalisé en septembre dernier, 60 % des habitants se disent opposés au redémarrage de la centrale, contre 37 % favorables, illustrant la profonde défiance qui entoure encore le nucléaire au Japon.
Pour le gouvernement japonais, ce retour progressif à l’atome répond à une double urgence : réduire la dépendance aux importations de combustibles fossiles et atteindre les objectifs climatiques du pays.
En 2023, près de 70 % de l’électricité japonaise provenait encore de centrales thermiques alimentées au charbon et aux hydrocarbures.
D’ici 2040, Tokyo ambitionne de faire des énergies renouvelables la première source d’électricité, tout en portant la part du nucléaire à environ 20 %, contre 8,5 % lors du dernier exercice fiscal.
Le redémarrage de Kashiwazaki-Kariwa marque ainsi l’ouverture d’une nouvelle phase pour le Japon, tiraillé entre pragmatisme économique, sécurité énergétique et transition écologique, dans un contexte de forte sensibilité sociale autour du nucléaire.

