Les autorités de transition de Guinée-Bissau ont officiellement convoqué le corps électoral pour le 6 décembre 2026, date à laquelle se tiendront les élections présidentielles et législatives, marquant une étape clé vers le retour à l’ordre constitutionnel après le coup d’État de novembre dernier.
L’annonce a été faite par décret présidentiel, publié ce mercredi 21 janvier, deux mois après la prise de pouvoir par l’armée. Ce texte intervient dans un contexte de forte pression régionale, portée notamment par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), engagée dans une médiation active pour éviter un enlisement de la crise politique.
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Lors d’une allocution devant la presse, le président de transition, le général Horta N’Tam, a assuré que « toutes les conditions pour organiser des élections libres, équitables et transparentes ont été réunies ». Il a réaffirmé l’engagement des autorités militaires à respecter le calendrier électoral et à garantir un processus crédible.
Le cadre juridique de cette transition est défini par une charte publiée début décembre, qui interdit notamment au général N’Tam de se présenter à l’élection présidentielle. Une clause destinée à préserver la neutralité du pouvoir intérimaire et à rassurer la classe politique ainsi que les partenaires internationaux.
Ce calendrier électoral est le résultat d’une offensive diplomatique de la CEDEAO. Le président en exercice de l’organisation, Julius Maada Bio (Sierra Leone), accompagné de son homologue sénégalais Bassirou Diomaye Faye, s’était récemment rendu à Bissau pour obtenir des engagements clairs des autorités de transition.
Les deux chefs d’État avaient plaidé pour une transition « courte, structurée et transparente », afin de prévenir toute dérive prolongée du régime militaire. Leur médiation semble avoir porté ses fruits, avec l’annonce d’une date précise pour le retour aux urnes.
Le coup d’État de novembre avait mis un terme brutal au processus politique en cours, interrompant la marche vers un second mandat du président sortant Umaro Sissoco Embalo. Les militaires justifiaient alors leur intervention par la nécessité d’« éviter un bain de sang » entre camps rivaux.
Le scrutin du 6 décembre 2026 est désormais présenté comme une opportunité majeure pour les citoyens bissau-guinéens de rétablir l’ordre constitutionnel, de restaurer les institutions républicaines et de refermer un chapitre d’instabilité politique chronique.

