La Journée internationale du sport féminin, célébrée ce 24 janvier 2026, a été marquée à Bukavu par des prises de parole fortes de plusieurs jeunes sportives, qui dénoncent les nombreux obstacles freinant encore l’épanouissement des filles et des femmes dans le milieu sportif.
À cette occasion, elles ont mis en lumière une série de défis sociaux, culturels, économiques et institutionnels qui continuent de marginaliser le sport féminin, malgré les progrès enregistrés.
Lire aussi : EUBABUK Holiday Cup : lancement réussi des premiers matchs à l’ISP Bukavu
Selon ces athlètes, les défis liés au genre figurent parmi les plus préoccupants. Ils incluent notamment les violences basées sur le genre (VBG), les violences sexuelles, les préjugés, la négligence et diverses formes de discrimination.
Pour Chancel Mweze, jeune sportive basée à Bukavu, l’un des problèmes majeurs reste l’absence de modèles féminins dans plusieurs disciplines sportives.
« L’absence de modèle féminin dans certains sports peut rendre difficile pour les jeunes filles de s’identifier et de se projeter dans une carrière sportive. Quand tu n’es pas concentrée, quand tu travailles dans la négligence, tu ne peux rien atteindre », explique-t-elle.
Elle souligne également les difficultés liées à la santé des sportives, notamment les troubles alimentaires, les blessures liées aux variations hormonales et les problèmes de santé reproductive, souvent mal pris en charge dans l’environnement sportif.
Autre obstacle majeur : le manque de soutien familial et communautaire, qui décourage de nombreuses jeunes filles.
« Le manque de soutien de la famille ou de la communauté constitue un obstacle très important pour les femmes qui souhaitent faire carrière dans le sport. Quand tu n’as pas le soutien des proches et de la population, tu n’iras nulle part », insiste Chancel Mweze.
Face à cette réalité, elle plaide pour l’égalité des sexes, une meilleure éducation des athlètes sur les questions de genre, ainsi que la mise en place de mécanismes solides pour signaler et traiter les abus.
De son côté, Julie Mihigo, autre sportive, dénonce les injustices économiques et symboliques auxquelles sont confrontées les femmes.
« Les femmes sportives sont souvent oubliées. Même lors des remises de trophées, nous recevons des prix de moindre valeur. Il y a aussi l’écart salarial, les injures du public et la discrimination à notre égard », regrette-t-elle.
Malgré ces difficultés, ces jeunes athlètes lancent un message fort d’encouragement aux filles et femmes qui souhaitent embrasser une carrière sportive. Elles les appellent à rester courageuses, persévérantes et à ne jamais abandonner, en dépit des obstacles.
En cette Journée internationale du sport féminin, leurs voix rappellent que le combat pour l’égalité, la dignité et la reconnaissance des femmes dans le sport reste plus que jamais d’actualité.

