À l’occasion de la Journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante (JMCA), célébrée chaque 24 janvier, les jeunes de Bukavu ont été invités à réfléchir sur leur identité et leur rapport à la culture africaine, lors d’une conférence-débat organisée à Panzi par la Dynamique Debout Congolais et Studa TV.
Placée sous le thème « Culture africaine et dialogue entre générations : reconstruire la confiance et le vivre-ensemble à Panzi », cette activité visait à sensibiliser la jeunesse sur l’importance de la valorisation de la culture africaine face à l’influence croissante des modèles occidentaux.
Selon Lavie Kalaba, cofondateur de Studa TV, de nombreux jeunes sont aujourd’hui victimes d’une forme d’acculturation qui conduit progressivement à l’effacement de leurs repères culturels.
« Nous voulons réveiller la conscience de la jeunesse afin qu’elle revive sa propre culture et qu’elle n’oublie pas d’où elle vient », a-t-il expliqué, soulignant que la rencontre avait aussi pour but de créer un espace d’échange intergénérationnel pour renforcer le vivre-ensemble et soutenir le développement local.
De son côté, Nicole Matabaro, chercheuse au centre Angaza Institute de l’ISDR-Bukavu, a appelé les jeunes à adopter une approche équilibrée face à la diversité culturelle.
« La diversité culturelle ne doit pas être perçue comme une menace, mais comme une opportunité d’apprentissage. Il faut savoir choisir ce qui est bon à prendre dans l’autre culture et laisser ce qui ne nous correspond pas, tout en restant enraciné dans sa propre identité », a-t-elle expliqué.
Elle a insisté sur la connaissance de soi comme base de tout dialogue interculturel.
« Quand on sait qui l’on est – Congolais, Africain, Mushi, Murega – on peut mieux savoir ce que l’on peut prendre des autres sans se perdre ».
Intervenant également lors de la rencontre, Joseph Lubunga, chercheur en communication stratégique des organisations et enseignant à l’Université Officielle de Bukavu (UOB), a appelé les jeunes à faire du numérique un levier de diffusion de la culture africaine.
« Les jeunes utilisent aujourd’hui le numérique comme outil de socialisation. Ils doivent aussi apprendre à l’utiliser pour partager et valoriser les éléments de leur culture, et pas seulement consommer ceux des autres », a-t-il souligné.
L’activité s’est clôturée par une dégustation de mets africains, un moment symbolique choisi par les organisateurs pour renforcer l’attachement aux traditions et célébrer concrètement l’héritage culturel africain.
Cette rencontre s’inscrit dans l’esprit de la Journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante, instituée par l’UNESCO, qui vise à promouvoir le dialogue interculturel, la paix et la valorisation des identités africaines à travers le monde.

