Après plus de trois ans de suspension, la République de Guinée retrouve officiellement sa place au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). L’organisation régionale a annoncé la levée totale des sanctions qui frappaient le pays depuis le coup d’État de septembre 2021, consacrant ainsi la normalisation du régime du président Mamadi Doumbouya.
Dans un communiqué publié mercredi soir, la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO indique que toutes les sanctions résiduelles visant la Guinée et les personnalités impliquées dans la transition sont levées avec effet immédiat. Cette décision permet au pays de réintégrer l’ensemble des organes décisionnels de l’organisation et de reprendre pleinement part aux projets d’intégration régionale.
Cette normalisation intervient après ce que la CEDEAO qualifie d’aboutissement du processus de transition politique. Suspendue à la suite du putsch de 2021, la Guinée a vu sa situation évoluer avec l’organisation de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025.
Le général Mamadi Doumbouya, qui dirigeait le pays durant la transition, a été proclamé vainqueur avec 86,72 % des suffrages, ouvrant la voie à son investiture comme président élu.
Malgré les critiques liées notamment à l’exil de plusieurs figures de l’opposition, la CEDEAO estime que ce scrutin a créé une « atmosphère favorable à la restauration de la gouvernance démocratique ».
Tout en félicitant le président Doumbouya pour son investiture, l’organisation ouest-africaine lui a adressé une série de recommandations. Elle l’exhorte notamment à promouvoir la cohésion sociale et l’unité nationale, intensifier le dialogue politique avec toutes les forces vives du pays, garantir une inclusivité réelle en vue des prochaines élections législatives.
Au-delà de l’aspect politique, les dirigeants de la CEDEAO ont demandé à la Commission de l’organisation de déployer des initiatives concrètes pour soutenir la Guinée, notamment dans la reconstruction économique, la consolidation de la paix et le renforcement des institutions.
En saluant les acteurs ayant accompagné la transition, la CEDEAO affirme sa volonté de voir la Guinée devenir un pôle de stabilité et de bonne gouvernance dans une région ouest-africaine encore confrontée à de fortes turbulences politiques.

