À quelques mois des élections de mi-mandat, le président Donald Trump relance la polémique en suggérant une intervention fédérale directe dans le processus électoral, soulevant de sérieuses questions constitutionnelles.
Dans une interview diffusée mercredi sur NBC News, Donald Trump a dénoncé la corruption dans certaines régions du pays et laissé entendre que si les élections « ne peuvent pas être menées correctement et en temps voulu », le gouvernement fédéral devrait intervenir.
Plus tôt cette semaine, sur le podcast du conservateur Dan Bongino, Trump avait exhorté les républicains à « nationaliser le vote » et à « prendre le contrôle » des opérations dans une quinzaine de localités stratégiques. Cette volonté d’impliquer directement le gouvernement fédéral dans des scrutins traditionnellement gérés par les États constitue un défi inédit au partage des pouvoirs prévu par la Constitution américaine.
« Quelqu’un d’autre devrait prendre le relais » là où les votes ne seraient pas comptés « honnêtement », a insisté le président, esquissant une remise en cause inédite des règles électorales américaines.
Cette offensive rhétorique survient alors que Trump affiche des taux d’approbation fragiles et que les républicains craignent de perdre leur majorité au Congrès le 3 novembre prochain. Malgré les multiples décisions de justice confirmant la régularité de l’élection présidentielle de 2020, le président continue de la qualifier d’« élection truquée », rappelant ses accusations lors du forum de Davos en janvier.
Les déclarations de Trump se traduisent par des mesures concrètes qui inquiètent l’opposition démocrate. Le ministère de la Justice a récemment lancé des poursuites dans une vingtaine d’États pour accéder aux registres de vote, et des saisies de matériel électoral ont été effectuées en Géorgie.
Si l’exécutif invoque la lutte contre la corruption, ses détracteurs estiment que ces actions risquent de saper la confiance des citoyens dans les institutions démocratiques à l’approche des midterms.

