Malgré un environnement marqué par le manque de moyens et d’infrastructures culturelles, Hope Alfred s’impose comme l’une des voix montantes du théâtre engagé à Bukavu. À travers ses créations, ses collaborations et sa compagnie MonArtral, il construit un univers artistique singulier, nourri par la passion, la persévérance et la volonté de transformer les réalités sociales en matière créative.
Auteur dramatique, comédien et coordinateur culturel, Bulangalire Kioneo Espoir, de son nom civil, prépare déjà son premier grand rendez-vous théâtral de l’année 2026. Le 1er mars prochain, il présentera « Le retour de Walu », une pièce dont il est l’auteur, mise en scène par JC Shabani, à la salle Concordia à Bukavu, à partir de 15 heures. À travers ce spectacle, Hope Alfred espère susciter chez le public des émotions fortes et une réflexion profonde sur la responsabilité collective et la résilience.
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« Mon objectif est de créer une expérience qui touche à la fois le cœur et l’esprit. Le théâtre est pour moi un espace pour imaginer des changements possibles », confie-t-il.
Né le 10 février 1994, diplômé en sciences sociales de l’Université officielle de Bukavu (UOB), Hope Alfred est aujourd’hui coordinateur de la compagnie MonArtral et de l’espace culturel TESTHEM’ART, extension Bukavu. Son théâtre est engagé, poétique et profondément ancré dans les réalités sociales de sa communauté. À travers ses œuvres, il cherche avant tout à éveiller les consciences et à créer des espaces de dialogue.
Sa passion pour le théâtre est née très tôt, nourrie par l’observation de la vie quotidienne et les récits issus de son environnement. Progressivement, la scène est devenue pour lui un lieu d’expression des émotions et un outil pour transformer les injustices, les conflits et les espoirs en récits vivants. L’écriture dramatique s’est ensuite imposée comme un prolongement naturel de cette démarche, renforcée par plusieurs formations en dramaturgie.
Son premier projet théâtral, « Je réclame mes droits », une création collective réalisée au centre Bandari, fut une expérience fondatrice.
« Nous avons travaillé avec peu de moyens mais beaucoup d’engagement. Cette expérience m’a appris l’importance du travail d’équipe et de la persévérance », raconte-t-il.
L’univers artistique de Hope Alfred est traversé par des thèmes forts : identité, mémoire, environnement, conflits humains et espoir. Son écriture, à la fois poétique et symbolique, mêle humour et profondeur pour interpeller le spectateur. Sur scène, il privilégie une approche authentique du jeu d’acteur, basée sur l’écoute, le silence et l’expression corporelle.
Influencé par le théâtre africain contemporain et les traditions orales, il revendique également l’héritage de ses mentors, Djo Ngeleka Kazadi et David Minor Ilunga, qui ont façonné sa trajectoire artistique.
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À moyen et long terme, Hope Alfred ambitionne de renforcer sa compagnie MonArtral, de multiplier les collaborations et de lancer un Festival de Théâtre à Bukavu. Pour y parvenir, il structure sa démarche à travers la recherche de partenariats, la planification artistique et la production de nouvelles œuvres.
Dans un contexte où la culture peine souvent à trouver sa place, Hope Alfred incarne une génération d’artistes déterminés à faire du théâtre un espace de création, de réflexion et de transformation sociale.

