Le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a échangé, en marge de la semaine de haut niveau de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies à New York, avec le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, ainsi qu’avec Tom Fletcher, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence. Au centre de son plaidoyer : les conséquences de la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo sur les femmes et les enfants.
À l’occasion de cette semaine de haut niveau, qui s’est déroulée du 18 au 28 septembre 2026, Denis Mukwege a pris part à plusieurs rencontres consacrées notamment à l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité, aux initiatives de paix en RDC ainsi qu’à la prévention, la préparation et la riposte face aux pandémies.
Membre de The Elders, le gynécologue congolais indique avoir échangé, avec d’autres membres de cette organisation, avec António Guterres et Tom Fletcher.
Les femmes et les enfants au cœur du plaidoyer
Au cours de ces différentes rencontres, Denis Mukwege affirme avoir attiré l’attention de ses interlocuteurs sur les conséquences humaines de la crise dans l’Est de la RDC, particulièrement sur les femmes et les enfants.
« Partout, j’ai alerté sur le lourd tribut payé par les femmes et les enfants dans le cadre de l’actuelle guerre d’agression et d’occupation qui prend en otage des millions de Congolaises et de Congolais dans l’Est de la RDC entre la violence armée, la faim et le virus Ebola », écrit-il.
Cette déclaration intervient alors que la situation humanitaire et sanitaire reste préoccupante dans l’Est du pays. L’Organisation mondiale de la Santé rapporte notamment que les populations touchées par l’épidémie d’Ebola sont également confrontées aux conséquences de décennies de conflits, de déplacements, de pauvreté et de faim.
Appel au respect du droit international
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Dans son plaidoyer, Denis Mukwege insiste sur la nécessité de faire respecter le droit international et de renforcer la protection des populations civiles.
Il appelle également à mettre fin à ce qu’il décrit comme une « culture de l’impunité » et à renforcer la volonté politique internationale afin, selon lui, de sortir cette crise de la « négligence internationale » et d’avancer vers une paix qu’il qualifie de juste et durable.
Ces préoccupations rejoignent celles exprimées lors de plusieurs rencontres internationales organisées en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Le 22 septembre, l’Union africaine, les Nations unies, l’Union européenne et leurs partenaires ont notamment appelé à des processus de paix inclusifs et à une participation significative des femmes dans les efforts visant à résoudre la crise dans l’Est de la RDC.
Une crise aux dimensions sécuritaire, humanitaire et sanitaire
Dans l’Est de la RDC, la poursuite des violences armées continue d’affecter les populations civiles, avec des conséquences en matière de déplacements et d’accès aux services essentiels.
La question sanitaire s’ajoute à cette situation. Le responsable humanitaire de l’ONU, Tom Fletcher, a notamment participé début septembre à une réunion de haut niveau consacrée à la réponse à l’épidémie d’Ebola en RDC, soulignant les défis liés à l’accès humanitaire et à la mobilisation des ressources.
À travers ses échanges à New York, Denis Mukwege entend ainsi maintenir l’attention internationale sur les conséquences de la crise pour les populations civiles, avec une attention particulière portée aux femmes et aux enfants.
