La République démocratique du Congo a présenté ses avancées en matière de protection des enfants touchés par les conflits armés et appelé à renforcer la lutte contre l’impunité. Elle plaide également pour l’intégration de la protection de l’enfance dans les accords de paix, les mécanismes de cessez-le-feu et les dispositifs de justice transitionnelle. Ces positions ont été exposées lundi 26 octobre 2026, lors de la 10251e séance du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée aux enfants et aux conflits armés.
Prenant la parole au nom de la RDC, l’ambassadrice Jocelyne Kabengele Lukundula, Représentante permanente adjointe du pays auprès des Nations Unies, a rappelé que les conflits armés continuent de menacer la sécurité, l’éducation et l’avenir de nombreux enfants, particulièrement dans l’est du pays.
Elle a condamné les violations graves commises contre les enfants, notamment les meurtres, les mutilations, les enlèvements, le recrutement forcé dans les groupes armés et les attaques contre les établissements scolaires. Elle a également insisté sur la nécessité de préserver les écoles en tant qu’espaces sûrs, conformément au droit international humanitaire.
Près de 5.000 personnels formés et plus de 5.000 enfants réintégrés
Au cours de son intervention, la diplomate congolaise a mis en avant les efforts engagés par le gouvernement pour renforcer les mécanismes nationaux de protection de l’enfance.
Elle a notamment rappelé les plans d’action conclus avec les Nations Unies en 2012 et 2014. Ces engagements ont contribué au retrait, en 2017, des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) de la liste des parties recrutant ou utilisant des enfants dans les conflits armés.
La RDC a également adopté un plan d’action national articulé autour de quatre priorités : la prévention, la protection, la lutte contre l’impunité et le renforcement des capacités institutionnelles.
Selon Jocelyne Kabengele Lukundula, la mise en œuvre de ce plan a permis de former près de 5.000 membres du personnel militaire, sécuritaire et judiciaire. Elle a aussi conduit à la réintégration de plus de 5 000 enfants associés aux groupes armés en 2025.
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Parmi les autres avancées citées figurent le renforcement du Conseil national de l’enfant, l’élaboration de la politique nationale de l’enfant et de son plan stratégique 2026-2030, ainsi que la création d’un système national d’information sur la protection de l’enfant.
La mise en place du Parlement national des enfants en 2026 a également été présentée comme une initiative visant à renforcer la participation des enfants aux questions qui les concernent.
Intégrer la protection de l’enfance dans les accords de paix
Malgré ces avancées, la situation reste préoccupante dans plusieurs régions de la RDC, particulièrement dans l’est du pays, où les activités des groupes armés continuent d’exposer les enfants au recrutement forcé, aux enlèvements et aux violences sexuelles.
Face à ces risques, la représentante congolaise a plaidé pour que la protection de l’enfance soit prise en compte dans les mécanismes de cessez-le-feu, les accords de paix et les dispositifs de justice transitionnelle.
Elle a également souligné l’importance de garantir la libération des enfants associés aux groupes armés et de favoriser leur réintégration durable dans leurs communautés. La protection des établissements scolaires et le maintien de l’accès à l’éducation figurent aussi parmi les priorités défendues par la RDC.
La délégation congolaise a par ailleurs appelé au renforcement des mécanismes d’alerte précoce et de documentation des violations commises contre les enfants. Elle a notamment évoqué le recours aux nouvelles technologies, tout en insistant sur la nécessité de garantir la sécurité des personnes concernées et le respect de leurs droits.
Un appel à des mesures concrètes contre l’impunité
Alors que les Nations Unies marquent les 30 ans de leur mandat consacré aux enfants et aux conflits armés, la RDC a réaffirmé son soutien aux efforts internationaux visant à prévenir les violations et à renforcer la protection de l’enfance.
Pour la délégation congolaise, protéger les enfants dans les conflits armés constitue une obligation juridique, un impératif moral et une condition essentielle à l’instauration d’une paix durable.
Kinshasa appelle ainsi les États et les partenaires internationaux à intensifier leurs efforts contre l’impunité, à préserver l’accès à l’éducation et à renforcer les capacités nationales de protection.
« Car chaque enfant protégé aujourd’hui est une chance supplémentaire pour une paix durable », a conclu l’ambassadrice Jocelyne Kabengele Lukundula.
