Le gouvernement sud-africain a engagé la révocation de plus de 2.000 visas jugés potentiellement frauduleux, dans le cadre d’une vaste opération de lutte contre la corruption au sein du ministère de l’Intérieur. L’annonce a été faite en début de semaine à Pretoria par le ministre de l’Intérieur, Leon Schreiber.
Lors d’un point de presse, le ministre a détaillé l’arsenal juridique et administratif mobilisé pour assainir les services de l’immigration. Cette décision vise, selon lui, à démanteler des réseaux criminels ayant infiltré et manipulé les mécanismes de délivrance de permis de séjour pendant près de deux décennies.
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Les investigations, menées avec l’appui de l’Unité spéciale d’enquête (SIU), ont déjà conduit à 55 licenciements de fonctionnaires depuis juillet 2024. Au total, 275 signalements pénaux ont été transmis aux autorités judiciaires, tandis que 111 enquêtes ont été officiellement clôturées.
Un audit couvrant la période 2004-2024, commandé par le président Cyril Ramaphosa, dresse un constat sévère. Le rapport évoque un système migratoire « traité comme un marché » par un réseau de fonctionnaires corrompus. Parmi les pratiques dénoncées figurent la falsification de documents, l’approbation irrégulière de permis de travail et la facilitation d’entrées illégales sur le territoire en échange de pots-de-vin.
Pour Leon Schreiber, membre du gouvernement de coalition, cette opération constitue une étape déterminante pour restaurer la crédibilité des institutions, renforcer la souveraineté des frontières et garantir le respect de l’État de droit en Afrique du Sud.
La révocation des 2.000 visas s’inscrit ainsi dans une stratégie plus large de réforme et de moralisation de l’administration, alors que le pays fait face à des défis persistants en matière de gouvernance et de contrôle migratoire.

