La 39ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA) s’est ouverte ce samedi au siège de l’organisation à Addis‑Abeba, en Éthiopie, sur fond d’un appel à la solidarité africaine, à l’indépendance financière et à une action collective pour peser davantage sur l’agenda mondial.
Ce sommet de deux jours se tient sous le thème : « Garantir un accès durable à l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 ».
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Il est marqué notamment par l’élection du nouveau président de l’Union africaine pour 2026, ainsi que par des messages forts en faveur de la paix, de la stabilité et des réformes institutionnelles.
S’adressant aux chefs d’État et de gouvernement, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a insisté sur la centralité de l’eau et de l’assainissement, qu’il a qualifiés de biens collectifs essentiels au développement et à la paix sur le continent.
Il a rappelé que ce sommet se tient dans un contexte de turbulences géopolitiques majeures, marqué par des conflits persistants, une fragilité institutionnelle et une recrudescence des changements anticonstitutionnels de gouvernement en Afrique.
Face à l’affaiblissement du multilatéralisme et à la polarisation croissante de la mondialisation, Mahmoud Ali Youssouf a exhorté les États membres à accélérer l’intégration politique et économique, conformément à la vision de l’Agenda 2063.
« La réforme institutionnelle et l’autonomie financière sont désormais impératives face à la diminution des financements extérieurs », a-t-il déclaré.
Le président de la Commission a également souligné les attentes croissantes de la jeunesse, des femmes et de la société civile, appelant à faire de cette décennie de l’Agenda 2063 une période de résultats concrets et mesurables.
Il a plaidé pour une mobilisation accrue des ressources nationales et une mise en œuvre accélérée des programmes phares du continent, notamment dans les domaines de l’industrialisation, de la transformation agricole, de l’énergie et des infrastructures, qu’il a présentés comme les piliers d’une croissance durable.
Enfin, Mahmoud Ali Youssouf a exprimé la solidarité de l’Union africaine avec les populations touchées par les conflits, citant les crises au Soudan, au Sahel, dans l’est de la République démocratique du Congo et en Somalie, ainsi que la situation du peuple palestinien.
Il a réaffirmé que le respect du droit international et du droit humanitaire demeure un pilier de la paix mondiale, appelant à une action collective et résolue pour bâtir une Afrique plus forte, plus autonome et plus prospère.

