Le Bénin entre dans une nouvelle ère politique avec l’élection de Romuald Wadagni à la magistrature suprême. L’actuel ministre des Finances, désigné dauphin du pouvoir, a remporté une victoire écrasante avec 94,05 % des suffrages, selon les résultats provisoires, pour succéder au président sortant Patrice Talon.
Face à lui, l’opposant modéré Paul Hounkpè n’a obtenu que 5,95 % des voix. Dans un geste salué, ce dernier a reconnu sa défaite et adressé ses félicitations au vainqueur dès lundi soir, contribuant à apaiser le climat post-électoral.
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Les résultats annoncés par la Commission électorale nationale indépendante (Cena), présidée par Sacca Lafia, portent sur 90 % des bulletins dépouillés.
« L’avance est telle que l’issue est désormais mathématiquement irréversible », a-t-il déclaré.
Avec un score supérieur aux 86 % obtenus par Patrice Talon en 2021, cette élection marque une forte mobilisation de l’électorat en faveur du candidat du pouvoir, dans un scrutin caractérisé par un taux de participation en hausse, estimé à 59 %.
Contrairement à certaines élections précédentes, le vote s’est déroulé dans un climat globalement calme, salué notamment par la mission d’observation de la CEDEAO.
À Cotonou, la vie a rapidement repris son cours normal après l’annonce des résultats, signe d’une transition acceptée par une grande partie de la population.
La reconnaissance rapide de la défaite par Paul Hounkpè a également contribué à éviter toute tension majeure, ouvrant la voie à la proclamation officielle des résultats par la Cour constitutionnelle.
Si cette victoire consacre la continuité du système mis en place par Patrice Talon, Romuald Wadagni hérite néanmoins de défis importants. Le pays doit notamment faire face à des enjeux sécuritaires croissants dans les régions du Nord, marquées par la menace terroriste.
Sur le plan politique, le nouveau président devra également œuvrer à décrisper le climat national, notamment en favorisant une plus grande inclusion de l’opposition, dont certaines figures majeures sont restées en marge du processus électoral.
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En accédant au pouvoir, Romuald Wadagni s’apprête à prendre ses fonctions à « La Marina », siège de la présidence béninoise, avec une légitimité électorale incontestable.
Reste désormais à transformer ce score historique en un véritable projet de cohésion nationale et de stabilité durable pour le Bénin.
