Près de neuf millions de Béninois sont appelés aux urnes ce dimanche 11 janvier 2026 pour un double scrutin visant à renouveler les 109 sièges de l’Assemblée nationale et à élire les conseillers communaux. Cette échéance électorale majeure se déroule dans un climat politique particulièrement tendu, un mois seulement après une tentative de coup d’État avortée.
À la veille du vote, le président de la Commission électorale nationale autonome (CENA), Sacca Lafia, a assuré que « toutes les dispositions sont prises pour garantir un scrutin libre, transparent et sécurisé ». S’exprimant devant la presse, il a insisté sur le fait qu’aucune ambition politique ne saurait justifier la violence, appelant à préserver l’unité nationale comme socle du développement du pays.
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Selon plusieurs médias locaux et internationaux, ces appels au calme semblent avoir été entendus. Dès l’ouverture des bureaux de vote à 7 heures (6 heures GMT), le scrutin a démarré sans incident majeur, notamment dans la capitale économique Cotonou.
Sur le plan politique, la coalition soutenant le président Patrice Talon, qui doit quitter le pouvoir à l’issue de la présidentielle prévue en avril prochain, aborde ce scrutin avec l’objectif de consolider sa majorité parlementaire. Actuellement détentrice de 81 sièges, elle fait face à une opposition conduite par le parti Les Démocrates.
Pour cette formation, l’enjeu est crucial. Écartée des élections communales et de la course à la présidentielle, faute de parrainages requis, l’opposition voit dans ces législatives son dernier levier de représentation institutionnelle.
Le cadre légal reste cependant contraignant : pour obtenir des sièges, les partis doivent recueillir au moins 20 % des suffrages dans chacune des 24 circonscriptions électorales, un seuil élevé qui complique la tâche d’une opposition affaiblie par des divisions internes.
Après les forts taux d’abstention observés en 2019 et en 2023, la participation constitue l’un des principaux enjeux de ce scrutin. Malgré une campagne électorale relativement discrète, axée davantage sur le porte-à-porte que sur les grands rassemblements, le niveau d’affluence dans les bureaux de vote, ouverts jusqu’à 17 heures, sera scruté comme un baromètre de la vitalité démocratique béninoise.

