Le Bloc citoyen Amani (BCA) exprime sa vive indignation face à la dégradation alarmante de la situation humanitaire des réfugiés congolais installés dans des camps de transit au Burundi, où des cas de décès sont enregistrés quotidiennement, principalement en raison de conditions de vie précaires, de maladies hydriques et de la malnutrition.
Ces réfugiés, majoritairement originaires du Sud-Kivu, ont fui leurs foyers après la prise de la ville d’Uvira et trouvé refuge au Burundi, dans des camps qui, selon le BCA, ne garantissent plus les conditions minimales de protection et de dignité humaine.
Face à cette situation jugée grave et urgente, le Bloc citoyen Amani tire la sonnette d’alarme et appelle à une intervention immédiate des gouvernements congolais et burundais, ainsi que de la communauté internationale, afin de prévenir de nouvelles pertes en vies humaines.
Contacté ce mardi 13 janvier 2026, Josué Assani Kisulu, coordonnateur national du Bloc citoyen Amani — un consortium regroupant des confessions religieuses, des mouvements citoyens et des ONG engagés pour la paix et le développement communautaire en RDC et dans la région des Grands Lacs — affirme que son organisation est profondément affectée par ces décès tragiques.
« La défense de la dignité humaine et la mémoire de la solidarité entre les peuples congolais et burundais nous animent profondément. Nous avons été bouleversés par les décès tragiques de nos compatriotes réfugiés dans les camps au Burundi. Ces lieux censés protéger la vie se sont transformés en espaces de mort. Nous ne pouvons pas rester silencieux », déclare-t-il.
Dans un communiqué rendu public le lundi 12 janvier 2026, dont une copie est parvenue à la rédaction de La Prunelle RDC ce mardi, le Bloc citoyen Amani a adressé son inquiétude et sa colère au président burundais Évariste Ndayishimiye, au gouvernement congolais et à la communauté internationale, estimant que la réponse apportée jusque-là reste largement insuffisante.
Selon ce communiqué, la crise actuelle est notamment liée :
- aux conflits armés persistants dans l’Est de la RDC, qui poussent des milliers de familles à l’exil ;
- à l’incapacité des autorités burundaises à garantir des conditions minimales d’accueil, de santé et de dignité dans les camps ;
- à la lenteur de la mobilisation de l’aide humanitaire internationale ;
- et à l’insuffisance des efforts visibles du gouvernement congolais face à cette catastrophe humanitaire.
Josué Assani Kisulu insiste sur le caractère vital de cette crise, appelant toutes les parties prenantes à la considérer comme une question de vie ou de mort.
Il rappelle également la mémoire historique partagée entre les deux pays, soulignant que la République démocratique du Congo a accueilli, par le passé, des dizaines de milliers de réfugiés burundais lors des périodes de guerre civile et de crise politique au Burundi.
« Cette histoire commune devrait inspirer une solidarité réciproque envers les Congolais aujourd’hui en détresse », plaide-t-il.
Face à l’urgence sécuritaire, sanitaire et humanitaire, le Bloc citoyen Amani appelle à des mesures concrètes et immédiates, y compris la facilitation d’un retour volontaire, sécurisé et digne des réfugiés vers leurs zones d’origine, dans le strict respect du droit international humanitaire et des instruments juridiques nationaux et internationaux relatifs à la protection des réfugiés.
Le BCA recommande notamment :
- aux autorités burundaises, d’améliorer sans délai les conditions sanitaires et alimentaires dans les camps afin d’éviter de nouvelles pertes en vies humaines ;
- à la communauté internationale, de mobiliser urgemment des ressources humanitaires, médicales et logistiques ;
- au gouvernement congolais, de renforcer son soutien et son assistance aux réfugiés congolais présents au Burundi.
Selon le Bloc citoyen Amani, plus de cent civils congolais auraient déjà perdu la vie dans les camps de transit du Burundi depuis l’arrivée des réfugiés jusqu’à ce mois de janvier 2026.
Sylvie Bahati

