Le président de la République du Burundi, Évariste Ndayishimiye, a appelé à la mise en œuvre effective des accords régionaux et internationaux, notamment la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies ainsi que celle du Conseil des droits de l’homme, afin de parvenir à une solution durable à la crise sécuritaire persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
S’exprimant devant le corps diplomatique accrédité au Burundi, le chef de l’État burundais a reconnu que, malgré la multiplication des initiatives diplomatiques et sécuritaires, la situation dans l’Est de la RDC demeure extrêmement préoccupante. Il a cité, entre autres, les résolutions adoptées par le Conseil de sécurité des Nations unies et le Conseil des droits de l’homme, les accords de Washington et de Doha, ainsi que les initiatives de l’Union africaine, de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).
« Lorsque nous étions à Washington pour assister à la signature de l’accord, tout le monde avait de l’espoir. Mais malheureusement, cet espoir n’a duré que quelques secondes. Les gens me demandaient déjà : puisque nous avons constaté qu’il n’y a pas de confiance dans cet accord, que devons-nous faire ensuite ? », a-t-il déclaré.
Évariste Ndayishimiye a regretté le manque de confiance entre les parties signataires des accords de paix, estimant que cette méfiance compromet gravement leur mise en œuvre. Selon lui, le renforcement du mandat et des capacités opérationnelles de la MONUSCO est indispensable pour garantir le respect des engagements pris.
« Pour que ces accords deviennent une réalité, il faut renforcer la MONUSCO afin de la rendre plus active. C’est à ce prix que toutes les parties pourront respecter les engagements qu’elles ont signés », a-t-il souligné.
Le président burundais a également insisté sur la nécessité pour les garants des accords, notamment les États-Unis, de jouer pleinement leur rôle.
« Puisque les accords existent mais que les parties n’ont pas confiance, il faut que les garants s’activent afin d’en assurer l’application », a-t-il ajouté.
Pour Évariste Ndayishimiye, aucun processus de paix crédible ne peut être envisagé tant que les conditions sécuritaires minimales ne sont pas réunies. Il a cité la nécessité d’une séparation effective des forces, d’un désengagement réel des combattants et de leur cantonnement, préalable indispensable à toute dynamique de paix durable.
Il a par ailleurs proposé l’activation de certains instruments des Nations unies, qu’il juge aujourd’hui passifs, notamment en lien avec la mise en place d’une véritable force d’interposition.
« Une force neutre et réelle, positionnée entre la frontière du Rwanda et celle de la RDC, offrirait des garanties sécuritaires au Rwanda tout en permettant au Congo de retrouver la paix et d’engager un véritable processus de paix intérieure », a-t-il estimé.
Le chef de l’État burundais a enfin averti que, même si le conflit n’a pas encore embrasé l’ensemble de la région, le Burundi en subit déjà les conséquences, notamment à travers l’impact sécuritaire et humanitaire.
Enfin, Évariste Ndayishimiye a appelé à la concrétisation urgente des décisions issues des sommets des chefs d’État et de gouvernement de l’EAC et de la SADC, à l’application des accords de Washington et de Doha, ainsi qu’à la mise en œuvre des décisions et recommandations pertinentes de l’Union africaine concernant la situation en RDC et, plus largement, dans la région des Grands Lacs.
Trésor Wilondja

