Des tensions ont été enregistrées dans la matinée de ce vendredi 16 janvier 2025 au camp de réfugiés de Ruhigi, au Burundi. Le gouvernement congolais accuse le mouvement rebelle M23-AFC d’avoir infiltré ce site afin d’inciter les réfugiés congolais à retourner en République démocratique du Congo, notamment à Uvira, une ville encore marquée par l’insécurité.
Selon la ministre congolaise des Affaires sociales, Ève Bazaiba, des émissaires du M23-AFC auraient pénétré le camp de Ruhigi aux environs de 2 heures du matin. Ils auraient affirmé aux réfugiés que la frontière de Kavimvira était ouverte et que la situation sécuritaire à Uvira était redevenue calme.
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La ministre s’interroge sur les circonstances ayant conduit à la présence des réfugiés congolais au Burundi.
« Je me pose la question de savoir comment les Congolais se sont retrouvés au Burundi. Est-ce que ce sont les Congolais qui sont allés les y déposer ou le HCR ? Les Congolais ont fui les hostilités et, conformément aux normes internationales, le Burundi a la responsabilité d’assurer leur protection humanitaire », a-t-elle déclaré.
Ève Bazaiba appelle par ailleurs les réfugiés congolais à ne pas céder aux rumeurs véhiculées par ce qu’elle qualifie d’ennemis, les mettant en garde contre un retour précipité qui pourrait les exposer à de graves dangers à Uvira.
Pour rappel, des crépitements de balles ont été entendus aux environs de 6 heures du matin au camp de Ruhigi, provoquant un mouvement de panique parmi les réfugiés.
D’après la société civile d’Uvira, il s’agit de réfugiés congolais originaires de plusieurs territoires du Sud-Kivu, ayant fui l’occupation d’une partie de la province par la coalition AFC-M23. Ces derniers ont quitté le camp de manière désordonnée pour exiger leur retour en RDC, avant d’être interceptés par la police burundaise.

