Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé le déblocage de 2,3 milliards de dollars en faveur de l’Égypte**, saluant les progrès macroéconomiques enregistrés ces derniers mois tout en exhortant Le Caire à accélérer les réformes structurelles, notamment le désengagement de l’État de l’économie.
Ce nouveau financement intervient après la validation des cinquième et sixième revues du programme d’assistance de 8 milliards de dollars conclu en mars 2024 entre l’Égypte et l’institution basée à Washington. Il constitue une étape importante pour un pays qui cherche à sortir de la plus grave crise financière de son histoire récente.
Selon le communiqué du FMI, l’enveloppe se divise en deux composantes : environ 2 milliards de dollars au titre de la Facilité élargie de crédit (EFF), 273 millions de dollars issus de la Facilité pour la résilience et la durabilité (RSF).
Ces fonds visent à soutenir la stabilisation macroéconomique et à renforcer la capacité de l’économie égyptienne à faire face aux chocs extérieurs, dans un contexte marqué par l’endettement élevé, la pression sur la monnaie nationale et la flambée des prix observée ces dernières années.
Le FMI estime que les mesures adoptées par les autorités égyptiennes commencent à produire des effets tangibles. La mise en œuvre d’une politique monétaire plus stricte et l’adoption d’un régime de change plus flexible auraient contribué à freiner l’inflation et à consolider les réserves en devises.
Ces évolutions offrent un certain répit à une population fortement affectée par la hausse du coût de la vie et la dépréciation de la livre égyptienne.
Malgré ce satisfecit, le FMI souligne que les réformes structurelles avancent à un rythme inégal. Le principal point de friction concerne ce que l’institution qualifie d’« empreinte de l’État » dans l’économie.
Le Fonds insiste sur la nécessité d’accélérer les privatisations et de réduire l’influence des entreprises publiques, condition essentielle du programme en cours. L’objectif affiché est de favoriser un modèle économique davantage porté par le secteur privé, capable d’attirer les investissements étrangers et de générer une croissance durable.
Si la stabilisation macroéconomique semble amorcée, la transformation en profondeur du modèle économique égyptien reste un défi majeur. Entre exigences du FMI, impératifs sociaux et contraintes politiques internes, le gouvernement devra naviguer avec prudence pour maintenir la confiance des bailleurs tout en évitant des tensions sociales accrues.
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Ce nouveau décaissement apparaît ainsi comme un soutien stratégique, mais aussi comme un rappel clair : la consolidation économique de l’Égypte dépendra de sa capacité à traduire les engagements en réformes structurelles concrètes.

