Face à l’aggravation continue de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, les ministres de la Défense des États membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) se sont réunis en session extraordinaire, samedi 10 janvier 2026, à Livingstone, en Zambie. Sous la présidence de la RDC, le message a été sans équivoque : l’heure n’est plus aux déclarations diplomatiques, mais à des actions militaires et techniques concrètes sur le terrain.
Selon un compte rendu publié sur le compte X du ministère congolais de la Défense, les travaux ont été dirigés par le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Me Guy Kabombo Muadiamvita, en sa qualité de président du Comité des ministres de la Défense de la CIRGL. Le responsable congolais a placé ses homologues face à ce qu’il a qualifié de responsabilité historique collective.
Les participants ont procédé à une évaluation approfondie de la dégradation persistante de la situation sécuritaire et humanitaire en RDC, une crise qui, selon plusieurs délégations, constitue désormais une menace directe pour la stabilité de l’ensemble de la région des Grands Lacs.
Dans son discours d’ouverture, Guy Kabombo Muadiamvita a rompu avec la langue de bois diplomatique. Pour Kinshasa, le temps des processus interminables et des engagements sans suite est révolu.
« La paix ne peut plus être retardée, ni conditionnée à des calculs politiques », a-t-il martelé devant l’assemblée.
Le Vice-Premier ministre a insisté sur la nécessité de doter la région de mécanismes de défense crédibles, opérationnels et dissuasifs, capables d’assurer une protection effective des populations civiles et de briser durablement le cycle des violences armées qui endeuille l’Est de la RDC depuis des décennies.
L’un des axes majeurs de cette session extraordinaire a été la volonté affirmée de passer des déclarations d’intention aux actions visibles sur le terrain. À ce titre, les États membres ont été appelés à concrétiser les engagements pris lors des sommets de Doha et de Washington.
Les ministres ont ainsi examiné et adopté le rapport issu de la réunion des Chefs d’États-Major Général, structuré autour de trois piliers stratégiques :
- le respect strict de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies ;
- la réaffirmation des accords-cadres internationaux comme socle de sortie de crise ;
- l’accélération de l’opérationnalisation du mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu.
Tout en appelant à une solidarité régionale sincère, le ministre congolais de la Défense a conclu les travaux en réaffirmant la détermination du gouvernement de la RDC à défendre sa souveraineté nationale. S’il réitère son engagement en faveur d’une solution politique, Kinshasa prévient que celle-ci devra impérativement être soutenue par une efficacité militaire régionale réelle et coordonnée.

