Dans une initiative audacieuse qui redéfinit la coopération Sud-Sud, le Ghana et la Zambie ont signé un accord historique d’exemption de visa. Fruit d’une visite d’État de trois jours du président ghanéen John Dramani Mahama auprès de son homologue zambien Hakainde Hichilema, cet accord marque un tournant diplomatique majeur entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique australe.
Selon le protocole signé par les deux chefs d’État, les citoyens ghanéens et zambiens peuvent désormais se déplacer librement entre les deux pays sans formalités consulaires. Ce pas en avant constitue une première entre Accra et Lusaka, deux nations séparées par des milliers de kilomètres mais soudées par une ambition commune : lever les obstacles à l’intégration continentale.
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Au-delà de sa portée politique, la mesure porte une forte dimension économique. Elle vise à dynamiser plusieurs secteurs clés comme le Commerce et investissements avec la réduction des coûts et des délais pour les opérateurs économiques ; l’Education et culture avec la facilitation des échanges universitaires et des brassages de populations et le Tourisme avec l’ouverture de nouveaux corridors de voyage entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique australe.
Depuis son retour à la présidence en janvier 2025, John Dramani Mahama a fait de la mobilité africaine l’un des piliers de sa politique étrangère. Avec cet accord, le Ghana porte à 15 le nombre de pays africains avec lesquels il a conclu une exemption de visa.
Dans le concert des nations africaines qui adoptent des politiques d’ouverture, le Ghana rejoint des pays comme le Rwanda, les Seychelles, la Gambie et le Bénin, qui permettent déjà l’entrée sans condition de ressortissants du continent.
Alors que les progrès vers une véritable zone de libre-échange continentale (ZLECAF) sont parfois perçus comme lents, cet accord bilatéral entre Accra et Lusaka illustre comment une volonté politique forte peut accélérer l’intégration socio-économique. En simplifiant les déplacements, le Ghana et la Zambie ne se contentent pas de renforcer leurs liens diplomatiques : ils posent une pierre importante à l’édifice d’une Afrique plus unie et prospère.

