Dans un contexte déjà marqué par l’insécurité et les tensions sociales, la mairie de Goma hausse le ton face aux conflits internes qui secouent plusieurs églises de la ville. Accusées de devenir des foyers de troubles à l’ordre public, certaines communautés religieuses sont désormais sous la menace de mesures administratives sévères.
Selon les autorités urbaines, plusieurs églises locales sont actuellement traversées par de vives querelles de leadership, souvent liées à des luttes de pouvoir, à la gestion des finances ou à des conflits de succession. Ces différends, loin de rester confinés aux enceintes religieuses, dégénèrent parfois en altercations publiques, perturbant la tranquillité des quartiers.
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S’exprimant devant la presse ce mercredi, le maire adjoint de Goma sous l’administration AFC-M23, Désiré Ngabo, a dénoncé ces dérives, qu’il juge incompatibles avec la mission des églises.
« Les églises doivent rester des lieux de prière, d’encadrement spirituel et de paix. Nous ne tolérerons plus que des conflits d’intérêts personnels viennent troubler l’ordre public », a-t-il déclaré.
Face à la persistance de ces conflits, la mairie annonce un ultimatum aux responsables religieux concernés. Elle exige des compromis rapides entre les parties en conflit et appelle les hiérarchies nationales ou internationales de ces confessions à intervenir pour rétablir la discipline.
À défaut, toute église qui continuerait à générer des troubles pourrait être fermée administrativement.
Pour plusieurs observateurs locaux, cette prise de position est un signal fort. Dans un Nord-Kivu déjà fragilisé par les conflits armés et les crises humanitaires, la cohésion sociale est considérée comme un enjeu majeur.
En rappelant que nul n’est au-dessus de la loi, même au nom de la foi, la mairie entend prévenir toute instrumentalisation de la religion à des fins de pouvoir ou d’intérêts privés, au détriment de la paix publique.

