Des journalistes de la République démocratique du Congo, venus de Bukavu (Sud-Kivu), et leurs confrères rwandais issus de plusieurs provinces se sont engagés à promouvoir la paix, la cohésion sociale et la lutte contre les discours de haine dans la sous-région des Grands-Lacs, marquée par des conflits persistants, notamment dans l’Est de la RDC.
Cet engagement a été pris à l’issue d’une formation sur le journalisme de paix, organisée à Rusizi par la Commission Épiscopale Justice et Paix Rwanda (CEJP-Rwanda), dans le cadre du projet Amani Kwetu – “La paix chez nous”, en collaboration avec la Commission Diocésaine Justice et Paix de Bukavu (CDJP/Bukavu).
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Ouvrant officiellement la formation, le secrétaire général de la CEJP-Rwanda, l’abbé Valens Niragire, a rappelé le rôle central des journalistes dans la société et dans la construction de la paix.
« Vous êtes à l’avant-garde dans l’acquisition et la diffusion de l’information. Vous êtes indispensables dans la dynamique de la société », a-t-il souligné.
Il a néanmoins reconnu les nombreux défis auxquels font face les journalistes dans les deux pays, notamment la désinformation, la manipulation et l’instrumentalisation de la vérité, exacerbées par le contexte de conflit dans la région.
« Qui veut la paix, prépare la paix et non la guerre. Nous voulons vous voir produire des reportages qui mettent en lumière les initiatives de paix et les discours qui unissent », a exhorté l’abbé Niragire, appelant les participants à la rigueur éthique et à l’intégrité professionnelle.
Durant la formation, les participants ont été outillés sur plusieurs thématiques clés, notamment la responsabilité sociale du journalisme, le journalisme de paix, la lutte contre le discours de haine et le rôle des médias dans la prévention des conflits.
L’un des formateurs, Didier Ndicunguye, est revenu sur les principes fondamentaux du métier dans un contexte sensible.
« Dire sans nuire, montrer sans choquer, dénoncer sans condamner et informer sans décourager », a-t-il rappelé.
Il a également insisté sur l’importance d’un langage médiatique non inflammatoire, fondé sur la compréhension et l’empathie.
« Nous devons éviter les termes polarisants, le sensationnalisme et le langage culpabilisant envers les victimes. Le journalisme de paix privilégie un langage calme et met en lumière les initiatives qui rapprochent les communautés », a-t-il expliqué.
Les journalistes participants ont salué la qualité des échanges et se sont engagés à appliquer les enseignements reçus dans leurs productions quotidiennes.
Pour André Kaggwa Mwenedata, journaliste à PACS TV au Rwanda, cette formation arrive à un moment crucial :
« Nous avons vécu des décennies de conflits. Il est temps de contribuer à la construction de la paix, de la cohésion sociale et de l’amour entre les communautés. Nous, journalistes, devons aider à bannir la haine », a-t-il déclaré.
Du côté congolais, Toyi Mirefu, venu de Bukavu, a mis en avant la dimension humaine et transfrontalière de l’initiative.
« Cette formation nous a permis de dépasser les préjugés. Nous avons discuté des mêmes problèmes et cherché ensemble des solutions. Je m’engage à renforcer la cohésion sociale et à respecter l’éthique journalistique », a-t-il affirmé.
La CEJP-Rwanda a, pour sa part, remercié les participants pour leur implication et a indiqué compter sur eux pour devenir de véritables acteurs de pacification dans leurs communautés respectives. L’organisation prévoit de poursuivre ce type d’initiatives afin d’élargir la dynamique de réconciliation, de dialogue et de cohésion sociale dans la sous-région des Grands-Lacs.

