La scène politique de Guinée-Bissau connaît un tournant majeur avec la libération de Domingos Simões Pereira, figure emblématique de l’opposition, ce vendredi après plusieurs mois de détention suite au coup d’État militaire de novembre 2025.
Selon l’AFP, l’ancien Premier ministre a été escorté jusqu’à sa résidence en périphérie de la capitale par les forces de sécurité, en présence du ministre sénégalais de la Défense, en visite officielle, témoignant de l’implication diplomatique régionale dans le processus.
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Cette libération intervient dans un contexte de forte instabilité. Après le putsch, le haut commandement militaire avait arrêté plusieurs responsables politiques, affirmant avoir agi pour prévenir un bain de sang suite à un scrutin présidentiel contesté. Le contentieux électoral reste au cœur de la crise : si Domingos Simões Pereira avait été écarté de la course à la présidence, le candidat qu’il soutenait revendiquait la victoire, s’opposant aux prétentions d’Umaro Sissoco Embaló, qui a depuis quitté le pays.
Ce coup d’État marque la cinquième rupture de l’ordre démocratique par les armes depuis l’indépendance de la Guinée-Bissau en 1974. Sous pression internationale, la junte au pouvoir semble toutefois chercher à donner des gages de bonne volonté.
Un calendrier de transition a été établi, avec de nouvelles élections présidentielles et législatives prévues pour le 6 décembre 2026, visant à assurer une passation de pouvoir aux civils et à stabiliser durablement un pays fragilisé par des cycles récurrents de violences politiques.

