Face à la multiplication des décès de citoyens kényans en Ukraine, le gouvernement kenyan tire la sonnette d’alarme. Les autorités dénoncent un système de recrutement frauduleux, orchestré par des agences peu scrupuleuses, qui promettent des emplois attractifs en Russie pour finalement envoyer des civils sur le front.
Le ministre délégué aux Affaires étrangères, Korir Sing’Oei, a qualifié la situation d’« inacceptable » dans une interview à la presse. Selon lui, de nombreux Kényans ont été trompés par des promesses de salaires élevés et de carrières stables en Russie. Sur place, la réalité est tout autre : ils sont envoyés au combat comme chair à canon.
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« Aucun Kényan ne s’engagerait volontairement dans ce genre d’engagement », a martelé le ministre, dénonçant le caractère coercitif et frauduleux de ces déploiements.
Le chef de la diplomatie kényane, Musalia Mudavadi, a annoncé son prochain déplacement à Moscou pour des pourparlers de haut niveau. L’objectif : « résoudre définitivement la question et identifier des solutions durables » pour protéger les ressortissants kenyans.
Parmi les priorités de la mission : exiger la fin du transfert de civils kenyans vers les zones de conflit, négocier la libération des prisonniers de guerre détenus en Ukraine, assurer le suivi médical des ressortissants hospitalisés en Russie.
En parallèle, le Kenya a engagé un grand ménage interne. Plus de 30 ressortissants ont été évacués de Russie au cours des deux derniers mois.
Le gouvernement a également fermé plusieurs agences de recrutement locales jugées complices de ce réseau de traite d’êtres humains à des fins militaires, exploitant la précarité économique pour envoyer de jeunes hommes vers un danger quasi certain.
Cette double action, diplomatique et administrative, marque la détermination de Nairobi à protéger ses citoyens et à mettre fin à cette exploitation mortelle.
