Au Kenya, Harrison Mumia, président de la Société des athéistes du Kenya, est poursuivi en justice pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux des images générées par intelligence artificielle montrant le président William Ruto dans des situations fictives, notamment blessé, agonisant ou arrêté par des militaires.
Selon RFI, l’activiste est accusé de diffusion de fausses informations, en lien avec une prétendue arrestation du chef de l’État kényan. Les images incriminées, largement relayées en ligne, ont suscité une vive polémique dans le pays.
Arrêté le 2 janvier par l’Unité des crimes sérieux, Harrison Mumia a été placé en détention avant d’être libéré après le paiement d’une caution de 500 000 shillings kényans, soit un peu plus de 3 300 euros. Son téléphone portable ainsi que son passeport ont été saisis.
D’après l’acte d’accusation, le parquet estime que ces publications constituent des fausses informations au sens de la loi kényane sur la cybercriminalité, laquelle réprime la diffusion de contenus trompeurs susceptibles de troubler l’ordre public.
Parmi les éléments retenus figure notamment une image publiée le 30 décembre, générée par intelligence artificielle et vue par des centaines de milliers d’internautes, montrant William Ruto allongé sur un lit d’hôpital, un masque à oxygène sur le visage, donnant l’impression qu’il se trouve dans un état critique.
La Société des athéistes du Kenya dénonce les conditions de l’arrestation de son président, évoquant une perquisition musclée à son domicile. Son avocat, Me Levi Munyeri, pointe plusieurs irrégularités procédurales et conteste la légalité de l’intervention des forces de sécurité.
Cette affaire a ravivé le débat sur la liberté d’expression au Kenya. Sur le réseau social X, l’activiste Boniface Mwangi, candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2027, a vivement réagi :
« Arrêter quelqu’un pour avoir exercé sa liberté d’expression est un acte de désespoir et d’insécurité de la part d’un régime impopulaire. »
Très critiquée par la société civile, la loi contre la cybercriminalité a été amendée en octobre dernier, autorisant désormais le Comité national de lutte contre la cybercriminalité à agir sans mandat judiciaire, une disposition jugée liberticide par plusieurs organisations de défense des droits humains.
Trésor Wilondja

