Le secrétaire exécutif d’ONU Climat, Simon Stiell, a exprimé de vives inquiétudes quant aux conséquences économiques du retrait des États-Unis de la coopération climatique internationale, quelques heures après l’annonce officielle de la Maison-Blanche portant sur le retrait américain de 66 organisations internationales, dont 31 agences affiliées aux Nations Unies.
Dans une déclaration rendue publique, Simon Stiell a estimé que cette décision rendra les États-Unis moins sûrs et moins prospères, dénonçant un recul majeur en matière de leadership mondial, de coopération climatique et de science.
« Alors que toutes les autres nations avancent ensemble, ce dernier recul en matière de leadership mondial, de coopération climatique et de science ne peut que nuire à l’économie, à l’emploi et au niveau de vie des États-Unis, alors que les incendies, les inondations, les méga-tempêtes et les sécheresses s’aggravent rapidement. Il s’agit d’un énorme autogoal qui rendra les États-Unis moins sûrs et moins prospères », a-t-il déclaré.
Selon le responsable onusien, cette décision se traduira concrètement par une hausse du coût de la vie pour les ménages et les entreprises américaines, notamment à travers l’augmentation des prix de l’énergie, de l’alimentation, des transports et des assurances. Il souligne que les énergies renouvelables demeurent aujourd’hui moins coûteuses que les combustibles fossiles, tandis que les catastrophes climatiques affectent de plus en plus sévèrement les cultures agricoles, les entreprises et les infrastructures aux États-Unis.
Simon Stiell met également en garde contre la volatilité des prix du pétrole, du charbon et du gaz, qui, selon lui, alimente davantage de conflits, d’instabilité régionale et de migrations forcées à travers le monde.
« Cela se traduira également par une diminution des emplois dans le secteur manufacturier américain, alors que toutes les autres grandes économies intensifient leurs investissements dans les énergies propres, stimulant la croissance économique et la sécurité énergétique, et propulsant les énergies renouvelables devant le charbon comme première source d’énergie mondiale l’année dernière », a-t-il ajouté.
Le secrétaire exécutif d’ONU Climat rappelle que ce type de décision explique en grande partie pourquoi 194 pays ont réaffirmé d’une seule voix, lors de la COP30, que la transition mondiale est désormais irréversible, que l’Accord de Paris fonctionne, et qu’il convient d’accélérer encore sa mise en œuvre.
« C’est le seul moyen de protéger toutes les nations contre le réchauffement climatique record et ses effets brutaux sur toutes les économies et toutes les populations », a-t-il insisté.
Simon Stiell a par ailleurs assuré que l’ONU Climat continuera de travailler sans relâche pour permettre à tous les peuples de bénéficier des avantages de la coopération climatique dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et de l’Accord de Paris, alors que la transition mondiale « continue de s’accélérer et de prendre de l’ampleur ».
Il a également précisé que la porte reste ouverte à un éventuel retour des États-Unis dans le processus climatique international, comme cela a déjà été le cas par le passé avec l’Accord de Paris.
« Dans le même temps, l’ampleur des opportunités commerciales dans les domaines de l’énergie propre, de la résilience climatique et des technologies électriques avancées reste trop importante pour que les investisseurs et les entreprises américains puissent l’ignorer », a-t-il conclu.
Pour rappel, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a lui aussi exprimé ses regrets face à la décision de la Maison-Blanche d’officialiser le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales, une mesure susceptible d’affecter plusieurs institutions dépendantes du financement américain.
