Le Royaume-Uni a fermement réaffirmé, mardi 20 janvier 2026, sa volonté d’aller au bout de l’accord historique prévoyant le transfert de la souveraineté de l’archipel des Chagos à l’île Maurice, malgré les attaques du président américain Donald Trump, qui dénonce une décision affaiblissant selon lui la position occidentale dans l’océan Indien.
Dans une interview, le chef de la Maison-Blanche a qualifié l’accord d’« acte de grande stupidité », estimant que l’abandon de ce territoire britannique d’outre-mer à Port-Louis mettrait en péril la sécurité stratégique des États-Unis et de leurs alliés.
La riposte du gouvernement britannique a été immédiate. Un porte-parole du 10 Downing Street a assuré que le Royaume-Uni ne transigerait « jamais » sur sa sécurité nationale.
« Nous avons agi car la base de Diego Garcia était menacée par des décisions de justice qui fragilisaient notre position et auraient empêché son fonctionnement normal à l’avenir », a-t-il déclaré.
Pour le Premier ministre Keir Starmer, cet accord est avant tout un choix géopolitique visant à sécuriser l’un des avant-postes militaires les plus sensibles du monde occidental.
Londres explique que, sans traité, le vide juridique autour de l’archipel aurait pu être exploité par des puissances rivales. Le gouvernement britannique redoute en particulier une implantation de la Chine, qui a récemment mené des exercices militaires dans la région, sur certaines îles périphériques des Chagos si le contentieux de souveraineté n’était pas définitivement réglé.
Conclu en mai 2025, l’accord prévoit le transfert de la souveraineté des Chagos à l’île Maurice, le maintien de l’usage exclusif de la base de Diego Garcia par le Royaume-Uni et les États-Unis pour 99 ans, des clauses interdisant l’accès à toute puissance tierce jugée hostile.
Londres estime que cette architecture juridique offre une protection bien plus solide que le statu quo précédent.
Malgré l’hostilité de Donald Trump, le Royaume-Uni souligne que l’accord bénéficie d’un large appui diplomatique. Les pays du Five Eyes – Australie, Canada, Nouvelle-Zélande et États-Unis via leur administration permanente – ainsi que des partenaires régionaux majeurs comme l’Inde, le Japon et la Corée du Sud ont salué ce compromis.
Lire aussi : États-Unis : Donald Trump impose un tarif de 25 % aux partenaires commerciaux de l’Iran
Les îles Chagos avaient été séparées de l’île Maurice en 1965, trois ans avant son indépendance. Depuis, l’archipel était au cœur d’un long contentieux international. En acceptant de restituer la souveraineté tout en sécurisant Diego Garcia, Londres affirme avoir trouvé un équilibre entre droit international et intérêts stratégiques.

