C’est dans une atmosphère de crise que le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni en urgence ce lundi 5 janvier. Alors que le président Nicolás Maduro est maintenu en détention à New York après l’opération militaire américaine du 3 janvier, l’Organisation des Nations Unies sort de sa réserve. Par la voix de Rosemary A. DiCarlo, sous-secrétaire générale, l’institution a exprimé sa « profonde préoccupation » face à une situation qui bouscule les fondements du droit international.
L’intervention, baptisée « frappe de grande envergure » par Donald Trump, a frappé Caracas et plusieurs États côtiers (Miranda, Aragua, La Guaira) samedi dernier. Si le bilan humain reste encore flou, le choc politique est total. Le dirigeant vénézuélien et son épouse, Cilia Flores, sont désormais entre les mains de la justice américaine, accusés d’infractions pénales graves liées au narcotrafic.
Depuis la Maison-Blanche, Donald Trump a été on ne peut plus clair : les États-Unis entendent « diriger le pays » jusqu’à une transition qu’il qualifie de « judicieuse ». Une déclaration qui a fait l’effet d’une détonation dans l’enceinte de verre de l’ONU.
Pour António Guterres, dont le discours a été porté par Mme DiCarlo, l’heure n’est pas à la célébration d’un changement de régime, mais à l’alerte. Le Secrétaire général a martelé l’importance de la Charte des Nations Unies, rappelant que l’usage de la force contre l’intégrité territoriale d’un État souverain est formellement interdit.
« Je demeure profondément préoccupé par le fait que les règles du droit international n’aient pas été respectées lors de l’intervention militaire du 3 janvier », a fait savoir le chef de l’ONU.
L’organisation s’inquiète du précédent que cette action pourrait créer : si les grandes puissances s’autorisent des interventions unilatérales pour régler des différends criminels ou politiques, c’est tout l’équilibre mondial qui vacille.
Si l’ONU reconnaît que la démocratie vénézuélienne est « fortement compromise » depuis les élections contestées de juillet 2024, elle appelle toutefois à ne pas répondre au chaos par le chaos. À Caracas, la présidente par intérim, Delcy Rodríguez, a déjà instauré l’état d’urgence.
L’ONU exhorte désormais à un dialogue inclusif impliquant tous les secteurs de la société vénézuélienne. Le respect de la souveraineté du peuple vénézuélien pour déterminer son propre avenir, et une solidarité régionale pour éviter un embrasement de l’Amérique latine.
Alors que Nicolás Maduro s’apprête à faire face à ses juges à Manhattan, l’avenir du Venezuela semble s’écrire entre Washington et New York. Mais pour les Nations Unies, la loi et la diplomatie doivent impérativement reprendre le dessus sur les armes. « La voie que nous devons emprunter est celle des outils du droit international », a conclu la déclaration.
Le Conseil de sécurité reste saisi de l’affaire, alors que la communauté internationale retient son souffle devant ce qui ressemble à une nouvelle ère, bien plus imprévisible, des relations internationales.

