Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine (UA) est monté au créneau ce mardi 6 janvier 2026, exigeant la révocation immédiate de l’acte de reconnaissance du Somaliland par l’État d’Israël. Cette décision, qui bouscule l’équilibre géopolitique de la Corne de l’Afrique, a déclenché une vive crise diplomatique avec Mogadiscio.
Réuni en session ministérielle d’urgence, le Conseil pour les affaires politiques, la paix et la sécurité de l’UA n’a pas mâché ses mots. Dans un communiqué officiel publié sur le réseau social X, l’organisation panafricaine a déclaré condamner « avec la plus grande fermeté la reconnaissance unilatérale de la prétendue République du Somaliland par Israël ».
Pour l’UA, cet acte constitue une violation flagrante des principes de souveraineté et d’intégrité territoriale de la République fédérale de Somalie, dont le Somaliland fait partie selon le droit international, malgré sa déclaration d’indépendance unilatérale en 1991.
Cette réaction ferme intervient alors que le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a effectué ce mardi un déplacement historique à Hargeisa, la capitale du Somaliland. Ce voyage survient seulement dix jours après l’annonce formelle par Tel-Aviv de son soutien diplomatique à la région autoproclamée.
« Cette démarche unilatérale menace la stabilité déjà fragile de la Corne de l’Afrique », a fustigé un porte-parole du gouvernement somalien, dénonçant une ingérence étrangère inacceptable dans les affaires intérieures du pays.
Le Somaliland, bien que disposant de ses propres institutions, de sa monnaie et d’une relative stabilité, n’avait jusqu’alors été reconnu par aucun État membre de l’ONU. En devenant le premier pays à franchir ce pas, Israël cherche vraisemblablement à renforcer son influence stratégique sur la mer Rouge.
Toutefois, cette décision place l’État hébreu en confrontation directe avec la doctrine de l’Union Africaine, qui privilégie strictement l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation pour éviter une fragmentation du continent. À ce stade, le gouvernement israélien n’a pas encore officiellement répondu aux injonctions d’Addis-Abeba.
Joseph Aciza

