Après avoir nié l’information et l’avoir qualifiée de « fake news », la police de l’État de Kaduna a officiellement confirmé qu’un raid de grande ampleur a visé plusieurs églises le dimanche 18 janvier 2026 dans la zone de Kajuru, faisant plus de 160 fidèles toujours portés disparus.
Dans un communiqué publié tard dans la soirée du mardi 20 janvier 2026, le porte-parole de la police, Benjamin Hundeyin, a reconnu que l’attaque contre la communauté de Kurmin Wali « a bien eu lieu ». Cette annonce contredit les déclarations faites la veille par le commissaire de police de l’État, Muhammad Rabiu, qui accusait alors des « entrepreneurs du conflit » de diffuser de fausses informations afin de déstabiliser la région.
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Selon les informations de Christian Solidarity Worldwide Nigeria (CSW-N), les assaillants – localement qualifiés de « bandits » – ont frappé pendant les cultes dominicaux, profitant de la forte affluence et de la vulnérabilité des fidèles.
Trois églises ont été simultanément ciblées :
- Evangelical Church Winning All (ECWA)
- Albarka Cherubim and Seraphim 1
- Haske Cherubim and Seraphim 2
Les hommes armés ont enlevé de nombreux fidèles avant de se retirer vers les zones forestières environnantes, connues pour servir de bases arrière aux groupes criminels.
Le bilan exact reste en cours de vérification, mais l’Association chrétienne du Nigeria (CAN) évoque des chiffres très élevés. Sur 172 personnes initialement capturées, neuf auraient réussi à s’échapper lors du transfert vers la forêt.
À ce stade, plus de 160 civils sont toujours considérés comme enlevés.
Les victimes seraient détenues dans les forêts denses de l’État de Kaduna, un territoire difficile d’accès, régulièrement utilisé par les groupes armés spécialisés dans les enlèvements contre rançon.
Le revirement des autorités, y compris celui du président de l’administration de Kajuru, Dauda Madaki, suscite une vague de critiques. En mettant initialement en doute la réalité des enlèvements et en demandant aux organisations religieuses d’en apporter la preuve, le gouvernement de l’État est accusé d’avoir retardé la mobilisation sécuritaire et humanitaire.
Cette controverse intervient dans un contexte où les kidnappings et l’insécurité restent un fléau endémique dans le centre-nord du Nigeria, alimentant la colère de la population et la défiance envers les institutions.

