En Ouganda, l’accès à Internet a été partiellement rétabli ce week-end après plusieurs jours de coupure totale imposée dans le contexte des élections présidentielles. Si les services en ligne essentiels ont repris, l’accès aux réseaux sociaux demeure suspendu sur instruction du régulateur des télécommunications, dans un climat politique marqué par la contestation des résultats du scrutin présidentiel.
Selon les principaux fournisseurs d’accès, la connexion Internet a commencé à être rétablie samedi aux alentours de 23 heures, heure locale. Cette reprise reste cependant limitée. Les autorités ont maintenu le blocage des plateformes de réseaux sociaux, une décision officiellement justifiée par des impératifs de sécurité.
« Nous avons rétabli l’Internet afin que les entreprises qui en dépendent puissent reprendre leurs activités », a déclaré David Birungi, porte-parole d’Airtel Uganda. Il a toutefois précisé que l’Uganda Communications Commission (UCC) avait ordonné le maintien de la suspension des réseaux sociaux. Le régulateur affirme vouloir ainsi prévenir la « désinformation », la « fraude électorale » et les « risques sécuritaires ».
Cette décision intervient au lendemain de la proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle. Samedi, la Commission électorale ougandaise a confirmé la victoire du président sortant Yoweri Museveni, crédité de 71,6 % des suffrages. Âgé de 81 ans, le chef de l’État, au pouvoir depuis 1986, décroche ainsi un nouveau mandat. Son principal adversaire, l’opposant Bobi Wine, arrive en deuxième position avec environ 24 % des voix.
Ces résultats sont toutefois vivement contestés par l’opposition. Bobi Wine a dénoncé des irrégularités massives et a rejeté les chiffres annoncés par la Commission électorale, estimant que le scrutin ne reflète pas la réalité des urnes. De son côté, l’organe électoral maintient que le processus s’est déroulé dans le respect des règles et que les résultats traduisent « la volonté du peuple ougandais ».
La situation demeure particulièrement tendue pour l’opposition. Tôt dimanche, l’inquiétude s’est accentuée autour du sort de Bobi Wine. Dans un message publié sur le réseau social X avant l’interruption de l’accès aux plateformes, l’ancien chanteur devenu député a affirmé avoir échappé à une descente militaire à son domicile. Depuis cette déclaration, sa localisation exacte reste inconnue, alimentant les craintes de ses partisans et les préoccupations de la communauté internationale.
Dans ce contexte post-électoral sous haute tension, le maintien du blocage des réseaux sociaux continue de susciter des interrogations sur l’espace démocratique et la liberté d’expression en Ouganda.
Joseph Aciza

