L’opposant ougandais Robert Kyagulanyi, plus connu sous le nom de Bobi Wine, a annoncé samedi avoir quitté clandestinement l’Ouganda afin d’échapper à une offensive sécuritaire déclenchée après sa contestation de la réélection du président Yoweri Museveni.
En dénonçant une véritable « chasse à l’homme » orchestrée par l’armée, le leader de la National Unity Platform (NUP) affirme avoir choisi la voie d’un exil temporaire pour internationaliser son combat contre un pouvoir en place depuis près de quatre décennies.
Dans un message vidéo publié samedi sur la plateforme X (social media platform), l’ancien chanteur devenu figure de proue de l’opposition apparaît visiblement fatigué. Il confirme avoir franchi les frontières du pays, sans toutefois révéler sa destination.
« Lorsque vous verrez cette vidéo, j’aurai quitté le pays pour des engagements cruciaux à l’étranger », déclare-t-il, remerciant les partisans qui l’ont aidé à se cacher durant plusieurs semaines.
Le sort de Bobi Wine suscitait de vives inquiétudes depuis l’élection présidentielle du 15 janvier. Officiellement crédité de 28,4 % des voix, contre 71,6 % pour Yoweri Museveni, l’opposant rejette ces résultats qu’il qualifie de frauduleux.
Sa disparition de la scène publique est intervenue après une descente des forces spéciales à son domicile, dès le lendemain du scrutin. Elle fait également suite à une série de menaces directes sur les réseaux sociaux attribuées au général Muhoozi Kainerugaba, fils du chef de l’État.
À 81 ans, Yoweri Museveni s’apprête à entamer un septième mandat à la tête de l’Ouganda. Le pays reste profondément divisé entre ses partisans, qui saluent la stabilité et la relative paix apportées au pays, et ses détracteurs.
Ces derniers, parmi lesquels plusieurs organisations de défense des droits humains, dénoncent une dérive autoritaire et une répression systématique visant à réduire au silence les voix critiques.
Malgré cet exil, Bobi Wine a promis à ses « compatriotes ougandais » de revenir prochainement pour « poursuivre la cause », laissant présager la poursuite du bras de fer politique depuis l’étranger.
