Les premiers résultats partiels du scrutin présidentiel du 15 janvier 2026 créditent le président sortant Yoweri Museveni d’une avance écrasante, tandis que l’opposant Bobi Wine se retrouve assigné à résidence, dans un contexte de coupure d’internet et d’accusations de fraudes massives.
Selon la commission électorale, après dépouillement d’environ la moitié des bureaux de vote, Museveni, 81 ans et au pouvoir depuis 1986, obtient 76,25 % des voix, contre 19,85 % pour son principal rival, Robert Kyagulanyi, alias Bobi Wine.
Depuis jeudi soir, Bobi Wine est de facto en résidence surveillée. Son domicile, encerclé par la police et l’armée, est même occupé par des tentes de sécurité, selon son parti, la Plateforme d’unité nationale (NUP), qui a alerté la communauté internationale via le réseau X. À 43 ans, l’opposant surnommé le « président du ghetto » est ainsi neutralisé, incapable de communiquer librement avec ses partisans ou la presse, en raison d’un black-out numérique imposé sur l’ensemble du territoire depuis mardi.
La journée de vote a été marquée par le chaos et les tensions :
- Dysfonctionnements techniques : plusieurs bureaux paralysés par des pannes de matériel.
- Soupçons de fraudes : bourrages d’urnes et arrestations de cadres de la NUP, selon Bobi Wine.
- Présence sécuritaire massive : patrouilles armées quadrillant Kampala et les principales villes.
Si ces résultats se confirment, Museveni entamerait un septième mandat consécutif, prolongeant un règne de quatre décennies. Pour les observateurs, ce scrutin s’annonçait comme une « formalité », Museveni verrouillant à la fois l’administration électorale et les forces de défense.
Face à une jeunesse ougandaise aspirant au changement, le gouvernement a choisi la manière forte, alimentant un climat de défiance et d’incertitude. La question reste de savoir si la communauté internationale interviendra face à cette mise sous éteignoir de la démocratie dans le pays.

