Alors que la finale controversée de la CAN 2025 avait suscité de vives attentes d’une sanction contre l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala, la Confédération africaine de football (CAF) a finalement décidé de ne pas engager de procédure disciplinaire. Le journaliste et analyste sportif Anthony Pla en explique les raisons à travers sept éléments clés.
- Aucune violation du règlement
Selon Anthony Pla, Jean-Jacques Ndala n’a enfreint ni le Code disciplinaire ni le règlement de la Coupe d’Afrique des Nations. En l’absence de preuves de corruption, de manipulation ou de manquement grave à l’éthique, le Jury disciplinaire de la CAF ne disposait d’aucune base juridique pour le sanctionner. Toute accusation sans fondement pourrait même relever de la diffamation.
- 2. Les décisions arbitrales sont irrévocables
Les textes de la CAF sont explicites : les décisions prises par un arbitre pendant un match sont définitives, même lorsqu’elles sont contestées. Les arbitres peuvent faire l’objet d’évaluations techniques internes, être promus ou rétrogradés, mais ils ne sont pas soumis au même régime disciplinaire que les joueurs, les entraîneurs ou les dirigeants.
- Un problème de constance, pas un scandale
Pour Pla, l’arbitrage de Ndala n’est pas un « scandale » au sens juridique du terme.
« Dans la logique du jeu, si l’on refuse le but au Sénégal, il faut refuser le penalty du Maroc, et inversement », souligne-t-il.
Le problème majeur réside dans le manque de constance dans l’interprétation des situations similaires, ce qui alimente la polémique.
- Des consignes d’arbitrage devenues floues
L’arbitrage africain traverse une phase de transition : on est passé d’une application stricte des Lois du jeu à une approche plus « pédagogique ». Résultat : même les arbitres de haut niveau ne partagent plus toujours la même lecture des actions litigieuses. Selon Pla, plusieurs arbitres internationaux consultés restent eux-mêmes divisés sur les décisions prises lors de la finale.
- Un déficit de leadership au sommet
Pour renforcer la crédibilité de l’arbitrage africain, Anthony Pla estime qu’il faut une direction forte et stable au sein du Comité des arbitres de la CAF.
« Comment exiger de la constance des arbitres si l’on ne l’est pas soi-même au sommet ? », s’interroge-t-il, pointant le manque de continuité institutionnelle.
- La VAR, un outil encore mal maîtrisé
La VAR reste un défi majeur. Dans la plupart des championnats africains, elle n’est pas utilisée de manière régulière, ce qui limite l’expérience des arbitres. Cette situation complique son usage dans les grandes compétitions continentales où les décisions sont scrutées à la loupe.
- Une polémique née de la technologie
Ironiquement, selon Pla, sans la VAR, la finale n’aurait peut-être pas suscité autant de controverses. Conçue pour réduire les erreurs, la technologie peut, dans un contexte d’apprentissage, amplifier les débats lorsqu’elle est mal comprise ou mal appliquée.
En fin, Jean-Jacques Ndala n’a pas été sanctionné parce qu’aucune faute réglementaire n’a été établie. Mais l’ampleur de la polémique révèle surtout des failles structurelles dans la gestion de l’arbitrage africain : manque de cohérence, instabilité institutionnelle et défis liés à l’intégration de la VAR.

