L’Autorité nationale des élections (ANE) a rendu son verdict provisoire ce lundi 5 janvier 2025 : le président sortant Faustin-Archange Touadéra l’emporte largement avec 76,15 % des suffrages. Un score qui lui assure un troisième mandat à la tête d’un pays toujours marqué par des défis sécuritaires et une fracture politique profonde.
Sans surprise pour les observateurs, cités par des sources concordantes, celui que ses partisans surnomment le « bâtisseur » a écrasé la concurrence. Avec plus de 76 % des voix, Faustin-Archange Touadéra améliore nettement son score de 2020 (53,16 %). Cette victoire intervient après la réforme constitutionnelle de 2023, qui a fait sauter le verrou de la limitation des mandats et porté la durée du bail présidentiel à sept ans.
Pendant sa campagne, l’ancien professeur de mathématiques de 68 ans a misé sur la carte de la stabilité. Il a mis en avant le retour progressif de l’autorité de l’État dans plusieurs provinces, grâce notamment au soutien des alliés russes et rwandais, face aux groupes armés qui occupaient encore une large partie du territoire il y a quelques années.
Le tableau de cette victoire est toutefois assombri par la contestation de l’opposition. Le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC), principale coalition adverse, a boycotté le scrutin, qualifiant le processus de « verrouillé » et d’« injuste ».
Les candidats ayant maintenu leur participation, à l’instar des anciens Premiers ministres Anicet-Georges Dologuélé et Henri-Marie Dondra, n’ont pas tardé à réagir. Ils pointent du doigt :
– Des restrictions de mouvement ayant empêché les candidats de se rendre dans certaines préfectures.
– Des critiques récurrentes sur l’indépendance de l’ANE.
Si la MINUSCA et l’Union africaine ont salué un vote globalement pacifique, le climat de tension dans l’Est du pays a pesé sur la participation.
Le regard se tourne désormais vers la Cour constitutionnelle. La plus haute juridiction du pays a jusqu’au 20 janvier pour examiner les recours et proclamer les résultats définitifs.
Pour Touadéra, ce nouveau mandat de sept ans s’annonce comme celui de la consolidation. Mais entre la nécessité de relancer une économie exsangue et l’urgence d’un dialogue national inclusif avec une opposition vent debout, le chemin de la « Renaissance » reste semé d’embûches.

