Un collectif d’organisations sénégalaises de défense des droits de l’homme, appuyé par les familles des détenus, exige la libération et le rapatriement de 18 supporters condamnés au Maroc après la finale de la CAN 2025. Alors que des peines de prison ferme ont été prononcées à Rabat, les militants dénoncent des irrégularités judiciaires et appellent à une solution diplomatique rapide.
Lors d’une conférence de presse tenue le samedi 28 février, Ephrem Manga, porte-parole du collectif, a vivement critiqué la situation, soulignant le contraste entre la célébration nationale au Sénégal et le sort des détenus.
« Alors que le trophée brille sous le soleil de Dakar, dix-huit de nos fils croupissent dans l’ombre des prisons marocaines », a-t-il déclaré.
Le 19 février, un tribunal de Rabat a condamné les supporters sénégalais pour « hooliganisme » à des peines allant de trois mois à un an de prison ferme, assorties d’amendes pouvant atteindre 5.000 dirhams (environ 460 euros).
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Au-delà de la sévérité des peines, le collectif met en cause les conditions du procès. Il dénonce notamment l’absence d’interprètes lors des auditions, estimant que cette situation aurait empêché les accusés d’assurer pleinement leur défense.
Face à ce qu’il qualifie d’injustice, le collectif a lancé une pétition nationale et annoncé une marche de protestation dans la capitale sénégalaise.
L’affaire a également suscité des réactions au sein des autorités sénégalaises. Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a exprimé son regret quant à l’ampleur prise par l’incident, estimant que les relations historiques entre le Sénégal et le Maroc auraient pu favoriser un règlement plus apaisé.
« Les choses ne devaient pas en arriver là », a-t-il déclaré, laissant entendre qu’une issue diplomatique reste envisageable.
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Les regards se tournent désormais vers le Palais royal marocain. Le gouvernement sénégalais privilégierait les canaux diplomatiques pour solliciter une grâce de la part du roi Mohammed VI, avec l’espoir d’obtenir un transfèrement ou un retour rapide des dix-huit ressortissants au Sénégal.
L’issue de cette affaire dépendra désormais des négociations bilatérales entre Dakar et Rabat, dans un contexte où l’émotion populaire continue de monter.
Joseph Aciza

