Un jeune étudiant de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) a perdu la vie ce lundi lors d’affrontements entre forces de sécurité et étudiants réclamant le paiement de leurs bourses. Ce drame survient dans un climat social tendu, mettant à l’épreuve les promesses de rupture du gouvernement sénégalais.
Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux témoignent de la violence des heurts : les forces de l’ordre ont pénétré dans le campus, saturant les pavillons de gaz lacrymogènes, tandis que certains étudiants ripostaient par des jets de pierres. C’est dans ce chaos qu’Abdoulaye Ba, inscrit en deuxième année de médecine, a été mortellement touché.
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Le gouvernement, par la voix de sa porte-parole Marie-Rose Khady Fatou Faye, a confirmé le décès mardi, appelant à la retenue et à l’apaisement, tout en assurant que les circonstances exactes de la mort seront pleinement élucidées.
Au cœur de la colère estudiantine : les arriérés de bourses, qui varient entre 20.000 et 60.000 FCFA par mois et constituent pour de nombreux jeunes le seul filet de sécurité. Dans un contexte économique particulièrement difficile, la rumeur d’une suppression de ces allocations a enflammé un campus déjà fragilisé par des calendriers académiques instables.
Ce drame réveille des souvenirs douloureux au Sénégal. En 2024, l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye et du Pastef avait suscité un espoir sans précédent chez les moins de 35 ans, qui représentent 75 % de la population. Après avoir été en première ligne des contestations entre 2021 et 2024, cette jeunesse attendait des solutions concrètes pour son insertion et sa protection sociale.
Deux ans après cette alternance politique, la mort d’Abdoulaye Ba sonne comme un signal d’alarme pour l’exécutif : la condition étudiante demeure une poudrière sociale, que les promesses de changement n’ont pas encore réussi à désamorcer.
