Le gouvernement somalien a approuvé un accord de coopération maritime majeur avec la Türkiye, marquant une étape décisive dans sa stratégie de développement de l’économie bleue et de modernisation de la gouvernance maritime. La décision a été entérinée lors du Conseil des ministres présidé par le Premier ministre Hamza Abdi Barre, qui a également adopté des mesures d’urgence pour faire face à la crise hydrique et alimentaire qui frappe le pays.
Selon le compte rendu officiel de la réunion tenue jeudi, l’exécutif a validé un ensemble de réformes législatives et diplomatiques visant à renforcer à la fois les capacités économiques et la résilience institutionnelle de la Somalie. Au cœur de ces décisions figure un accord stratégique avec la République de Türkiye, pays partenaire clé de Mogadiscio depuis 2011.
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Ce partenariat maritime va bien au-delà des échanges commerciaux. Il prévoit notamment la modernisation des infrastructures portuaires, l’amélioration de la gestion du trafic maritime ainsi que la reconnaissance mutuelle des certificats de compétence des marins, un levier important pour l’intégration de la main-d’œuvre somalienne dans les circuits internationaux du transport maritime.
Dans la même dynamique, la Somalie a officialisé son adhésion à trois conventions internationales majeures destinées à aligner son secteur maritime sur les standards mondiaux : la Convention de 1969 sur le jaugeage des navires, qui vise la standardisation des mesures des navires ; la Convention de Nairobi de 2007 sur la gestion et l’enlèvement des épaves ; et la Convention du travail maritime de 2006, qui protège les droits sociaux et professionnels des gens de mer.
Parallèlement à cette offensive économique, le gouvernement a répondu à l’urgence humanitaire liée à la sécheresse persistante. Le Conseil des ministres a approuvé la création d’un Fonds national de gestion des catastrophes et des risques, un nouvel organe chargé de coordonner la prévention et la réponse aux crises alimentaires et hydriques. L’objectif est d’institutionnaliser les mécanismes de solidarité nationale et de garantir une réponse structurée face aux chocs climatiques et humanitaires récurrents dans la Corne de l’Afrique.
En combinant ouverture maritime vers la Türkiye et renforcement de son cadre juridique interne, la Somalie cherche à la fois à sécuriser ses revenus portuaires, à stabiliser ses institutions et à rassurer les investisseurs internationaux sur la crédibilité et la prévisibilité de son environnement économique.

