Après une suspension de trois semaines liée à des accusations de détournement, les États-Unis ont annoncé la reprise de leurs programmes humanitaires en Somalie. Ce dégel intervient après que le gouvernement fédéral somalien a officiellement restitué plusieurs dizaines de tonnes de vivres saisis début janvier.
L’annonce est venue jeudi via les réseaux sociaux. Le sous-secrétariat américain à l’Aide étrangère a salué la décision de Mogadiscio d’avoir « assumé la responsabilité de ses actions ». En conséquence, les distributions du Programme alimentaire mondial (PAM), financées par les fonds américains, reprennent immédiatement.
Dès mardi, les autorités somaliennes avaient tenté de désamorcer la crise en affirmant avoir restitué l’intégralité des stocks et mis à disposition un entrepôt plus vaste pour l’agence onusienne. Le gouvernement plaide la bonne foi, expliquant que la démolition de l’ancien site de stockage n’était qu’une opération technique liée aux travaux d’extension du port.
Ce revirement met fin à une séquence de forte tension entamée le 8 janvier, lorsque Washington avait brutalement suspendu son aide humanitaire, invoquant une « politique de tolérance zéro » face au détournement de l’aide. Le département d’État accusait alors des responsables locaux d’avoir détruit un entrepôt et saisi illégalement 76 tonnes de nourriture.
Si l’aide alimentaire reprend, la prudence reste néanmoins de mise du côté américain. Le département d’État précise continuer à « réévaluer sa posture d’assistance plus générale » envers la Somalie. Ce bras de fer s’inscrit dans un climat de tensions croissantes entre Washington et Mogadiscio.
Au-delà du volet humanitaire, les relations bilatérales sont également affectées par la question migratoire — notamment la possible suppression du statut de protection des ressortissants somaliens — et par un dossier judiciaire sensible, lié à une vaste fraude aux aides publiques dans le Minnesota, qui a déclenché une opération anti-immigration ciblée à Minneapolis.
Si l’aide d’urgence est rétablie pour répondre aux besoins immédiats des populations, la relation entre les deux pays demeure sous haute surveillance, Washington conditionnant désormais son soutien financier à une plus grande rigueur administrative.

