Le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, a procédé ce mardi 7 avril à un vaste remaniement à la tête de l’Assemblée législative nationale de transition, sur fond de soupçons de corruption et de luttes d’influence au sommet de l’État.
Dans un décret lu devant les députés par Tulio Odongi Ayahu, cadre du Mouvement populaire de libération du Soudan, la présidente de l’Assemblée, Jemma Nunu Kumba, ainsi que son adjoint Permena Awerial Aluong, ont été démis de leurs fonctions avec effet immédiat.
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Pour assurer la relève, le chef de l’État a nommé Joseph Ngere Paciko à la tête de l’institution, assisté par Abuk Paiti Ayiik comme vice-présidente.
Figure emblématique de la vie politique sud-soudanaise et première femme à avoir occupé ce poste en 2021, Jemma Nunu Kumba fait désormais face à de graves accusations.
Une pétition introduite par des membres du groupe parlementaire du SPLM l’accuse de corruption et de mauvaise gestion financière. À ce stade, l’ex-présidente du Parlement n’a pas encore réagi publiquement à ces allégations.
Ce remaniement s’inscrit dans une dynamique plus large de réorganisation des institutions. Fin février, Salva Kiir avait déjà limogé son ministre des Finances, Bak Barnaba Chol, seulement trois mois après sa nomination.
Ces décisions successives traduisent une volonté apparente de reprise en main des leviers du pouvoir par le président.
Dans un climat marqué par des spéculations croissantes autour de la succession de Salva Kiir, ces changements au sommet de l’appareil d’État apparaissent comme des manœuvres visant à consolider son autorité et à contenir les divisions internes.
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Ce nouvel épisode illustre les fragilités persistantes du paysage politique sud-soudanais, où rivalités internes et enjeux de gouvernance continuent de peser sur la stabilité institutionnelle.
