Le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, a procédé mercredi soir à un important remaniement au sommet de l’appareil sécuritaire et financier du pays, en limogeant simultanément le chef d’état-major des armées et le ministre des Finances.
Cette décision, relayée par les médias publics sud-soudanais, intervient dans un contexte marqué par des tensions politiques persistantes, une situation sécuritaire fragile et des difficultés économiques croissantes dans le plus jeune État du monde.
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Le général Paul Nang, nommé il y a seulement sept mois à la tête des forces armées, a été remplacé par Santino Deng Wol, un proche du président déjà passé par cette fonction entre 2020 et 2024.
Selon plusieurs observateurs, ce retour traduit la volonté du président Salva Kiir de renforcer son cercle de fidèles dans un contexte d’incertitudes autour de la succession politique et de l’application de l’accord de paix signé en 2018.
Originaire de la région du Bahr el-Ghazal, comme le chef de l’État, le général Santino Deng Wol est considéré comme l’un des officiers les plus loyaux au régime.
Dans le secteur économique, le président a également remplacé Salvatore Garang Mabiordit, qui n’aura passé que moins de deux semaines au ministère des Finances après sa nomination le 23 avril dernier.
Pour lui succéder, le pouvoir a désigné Kuol Daniel Ayulo, un technocrate expérimenté ayant déjà occupé plusieurs fonctions administratives dans les ministères des Finances et du Commerce.
Ce nouveau remaniement met en évidence les difficultés persistantes du Soudan du Sud à appliquer pleinement l’accord de paix de 2018, censé mettre fin à des années de guerre civile.
Parmi les principaux défis non résolus figurent notamment l’unification des forces armées issues des anciennes factions rivales ainsi que l’organisation des élections générales, régulièrement reportées en raison des problèmes sécuritaires et institutionnels.
Pour plusieurs analystes, ces changements traduisent une stratégie de recentrage du pouvoir autour des proches du président plutôt qu’une ouverture politique plus large à l’approche des prochaines échéances électorales.
